La justice suisse rejette le recours en révision de l'ex-chef de la police du Guatemala

La justice suisse rejette le recours en révision de l'ex-chef de la police du Guatemala
La justice suisse rejette le recours en révision de l'ex-chef de la police du Guatemala - © HAROLD CUNNINGHAM - AFP

La justice suisse a rejeté la demande de révision de l'arrêt ayant condamné en 2018 l'ex-chef de la police du Guatemala, Erwin Sperisen, de nationalité suisse et guatémaltèque, à 15 ans de prison pour complicité d'assassinat de détenus.

Dans un communiqué publié mercredi, le Tribunal fédéral, plus haute autorité judiciaire de la Suisse, annonce le rejet de la demande, expliquant que les motifs avancés par M. Sperisen "pour demander la récusation d'une juge fédérale (...) ont été invoqués tardivement". "De toute manière", indique le Tribunal, les accusations portées à l'encontre de la juge ne permettent pas de conclure à des "rapports étroits" entre elle et le père du procureur en charge du dossier, "ni à une amitié de longue date".

Condamnation à vie en 2014 et 2015, annulée en 2017, 15 ans en 2018

La justice suisse se penche sur cette affaire depuis de nombreuses années car la loi helvétique permet de poursuivre ses ressortissants même si les crimes ont été commis à l'étranger. Surnommé "le Viking" en raison de sa barbe rousse et de sa grande stature, Erwin Sperisen a toujours clamé son innocence.

La justice genevoise l'a condamné une première fois en 2014 à la prison à vie pour son rôle dans l'exécution extrajudiciaire de dix détenus au total en 2005 et 2006, alors qu'il était chef de la police guatémaltèque. Ce jugement a été confirmé en appel en 2015. Mais en juillet 2017, le Tribunal fédéral suisse a annulé la condamnation, jugeant "arbitraire" et "incomplète" l'appréciation de certaines preuves, et demandé un nouveau procès.

Après cinq années passées derrière les barreaux, M. Sperisen avait été remis en liberté provisoire en septembre 2017, avec un bracelet électronique, dans l'attente d'un nouveau jugement. En 2018, la justice genevoise l'a finalement condamné à 15 ans de prison pour complicité d'assassinat de sept prisonniers de la prison de Pavon en 2006, ne retenant pas son implication dans la mort de trois détenus évadés en 2005 du pénitencier "El Infernito".

"Révocation" refusée

L'ex-chef de la police guatémaltèque, marié et père de trois enfants, s'était installé à Genève en 2007, au domicile de son père, alors ambassadeur du Guatemala auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).  Il avait été arrêté en 2012 par un commando de policiers armés alors qu'il était sorti du périmètre de la mission guatémaltèque pour faire des courses avec sa femme.

Dans le communiqué, le Tribunal indique également avoir refusé d'examiner la demande de "révocation" de l'arrêt, déposée par Javier Figueroa, un ex bras-droit de M. Sperisen. Acquitté pour cette même affaire par la justice autrichienne, M. Figueroa dénonce les formules employés à son égard par les juges suisses dans l'arrêt concernant M. Sperisen.

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