La justice pénale en temps de pandémie: entretien avec l'avocat pénaliste Franck Discepoli

Justice pénale et pandémie: entretien avec l'avocat pénaliste Franck Discepoli
Justice pénale et pandémie: entretien avec l'avocat pénaliste Franck Discepoli - © Tous droits réservés

Il aurait dû plaider au tribunal de Charleroi aujourd'hui. Dans ce qui devait être le plus gros procès de la saison: l'affaire de home invasions et de trafics pour laquelle devaient comparaitre le boxeur montois Farid Hakimi et l'ancien présentateur de RTL-TVi, Stéphane Pauwels. Sans surprise, l'audience a été reportée. Impensable de réunir tant de monde en période de confinement. Franck Discepoli, avocat de Farid Hakimi, confirme: "dans la mesure où on avait une dizaine de prévenus, une trentaine de parties civiles, autant d’avocats, dans un lieu confiné, il est évident que cette audience devait être reportée".

Au ralenti mais pas à l'arrêt

La Cour d'Assises a elle aussi suspendu ses procès. Cela veut-il dire que les avocats pénalistes ne se rendent plus dans les Palais de justice? Pas vraiment. Certaines audiences ne peuvent pas être reportées. Il s'agit par exemple de ce qui concerne les personnes en détention préventive: "En matière de détention préventive, la situation est délicate. Parce que la loi prévoit des délais stricts. Il faut prendre des décisions de maintien ou de remise en liberté ou de maintien détention dans un certain délai. Si ce délai est dépassé, la personne est automatiquement remise en liberté. Ce qui pose un problème en terme de sécurité et de travail d’instruction" explique Me Discepoli

Les salles des pas perdus sont vides

On notera que parmi les audiences maintenues, certaines sont théoriquement publiques mais dans la réalité, personne ne peut y assister. "L’accès au palais est réduit, il y a des barrières Nadar, les salles d’audience sont inaccessibles au public". Quant au travail des avocats, il se fait davantage au bureau et par téléphone. Même si en principe, les visites en prison sont encore possible, elles sont évitées autant que possible: "C’est évidemment déconseillé pour des raisons sanitaires. Nous privilégions les consultations téléphoniques, j’ai moins d’audience, donc je suis plus disponible pour les clients mais ce n’est pas la situation idéale pour mettre en place une défense".

Une situation qui aggravera - encore un peu plus - l'arriéré judicaire...

 

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