La justice française reporte l'audience sur l'extradition de Nemmouche

La justice française examine la remise de Nemmouche aux autorités belges
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La justice française a renvoyé à jeudi prochain l'examen de la demande de remise aux autorités belges de Mehdi Nemmouche, le suspect de la tuerie du Musée juif de Bruxelles qui refuse toujours son extradition et veut être jugé en France.

L'audience a duré cinq minutes seulement dans une cour d'appel entourée d'un imposant dispositif de sécurité : plusieurs gendarmes lourdement armés encadrait le suspect de 29 ans qui est apparu mal rasé et vêtu d'une polaire noire.

"Nous souhaitons un renvoi, pour mieux préparer nos arguments", a déclaré son avocat Apolin Pepiezep. "Je suis solidaire de la démarche de mon avocat", a dit Mehdi Nemmouche, qui prenait pour la première fois la parole en public depuis son arrestation vendredi à Marseille.

Mehdi Nemmouche a répondu de manière lapidaire, par oui ou par non, aux questions sur son identité et sur le mandat d'arrêt émis par la Belgique. Il a notamment confirmé avoir la double nationalité franco-algérienne. "Reconnaissez-vous que ce mandat d'arrêt européen", pour des faits d'"assassinats et tentative d'assassinat dans un contexte terroriste", "s'applique à vous?", lui a demandé la juge. "Oui", a répondu Mehdi Nemmouche. "Consentez-vous" à être remis à la Belgique ? "Non", a-t-il confirmé.

L'audience a duré en tout dix minutes, et le suspect a été ensuite reconduit en prison.

Après l'audience, son avocat a de nouveau refusé de s'exprimer sur le fond de l'affaire.

La procédure pourrait durer plusieurs semaines. Mehdi Nemmouche, placé en détention provisoire était présent lors de cette audience publique sous très haute surveillance policière. Il a répété qu'il refusait toujours son transfert en Belgique. "Nous souhaitons qu'il soit jugé en France d'abord parce qu'il est Français, et qu'il est en France", avait déclaré mercredi son avocat Apolin Pepiezep.

Il a aussi fait valoir que le port et le transport illégal d'armes reprochés à son client sont présumés avoir été commis en France, mais ces faits ne sont pas visés par le mandat belge.

La défense de Nemmouche tente de jouer la montre. Elle a la possibilité de demander un renvoi de l'audience, ce qui, selon une source judiciaire, est le plus souvent accordé.

Et si, in fine, l'extradition était confirmée par la cour d'appel, Me Pepiezep n'exclut pas un pourvoi en cassation. La haute juridiction aurait 40 jours pour statuer, mais elle pourrait décider plus rapidement.

Lundi, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait trouvé "logique" que la remise du suspect soit accordée à la Belgique.

Le Français de 29 ans est soupçonné d'avoir tué le 24 mai un couple d'Israéliens et une retraitée française, et d'avoir laissé dans un état désespéré une quatrième victime, un jeune employé belge, en ouvrant le feu au Musée juif de Bruxelles.


Avec Belga

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