La jeune étudiante marocaine enfermée au centre Caricole est rentrée chez elle

La jeune étudiante marocaine enfermée au centre Caricole est rentrée chez elle
La jeune étudiante marocaine enfermée au centre Caricole est rentrée chez elle - © Tous droits réservés

La jeune étudiante marocaine qui a été enfermée au centre fermé Caricole dimanche soir est rentrée chez elle. Après quelques jours de vacances dans son pays d'origine, l'étudiante en sciences politiques à l'université de Lille rentrait à Lille pour reprendre son cursus universitaire. Pour des raisons pratiques, la jeune fille prend un vol vers Bruxelles ce dimanche, située à moins d'une heure trente de Lille.

Mais à son arrivée à Bruxelles, la jeune Rania est interpellée par les policiers des douanes de l'aéroport de Bruxelles-National. Son récépissé de demande de titre de séjour français ne lui permet pas de rentrer sur le territoire belge.

Après quelques heures dans une cellule, elle passe finalement la nuit au centre fermé Caricole de Steenokkerzeel. Finalement elle est expulsée ce lundi soir et retrouve sa famille à l'aéroport de Casablanca. Rania devra prendre un vol vers la France pour retourner à ses études dans le nord de la France. 

Elle évitera de passer à nouveau par la Belgique. Car si elle n'est pas la seule a avoir tenté de passer par la Belgique pour rejoindre la France avec des documents qui ne lui permettaient pas de passer la frontière, Rania en gardera certainement un mauvais souvenir.

Expérience douloureuse pour la jeune fille

Après ces péripéties, l'étudiante en sciences politiques est donc rentrée ce lundi soir au Maroc. Elle a retrouvé sa famille avec soulagement. Mais sur son compte Facebook, la jeune fille évoque son expérience. Elle dénonce la façon dont elle a été traitée par les douaniers belges, qu'elle accuse d'avoir manqué de tact, de s’être moqué d'elle, et même d'avoir fait preuve de xénophobie. Pour rappel, la RTBF a contacté la police fédérale suite à ces accusations. Celle-ci a indiqué examiner les éléments présentés mais n'a, à cette heure, pas encore réagi.

Mais Rania souhaite aussi soulever les aspects positifs de sa mésaventure. Le personnel du centre Caricole, tout d'abord. "Ils m’ont rassurée et ont fait en sorte que je ne manque de rien, m’ont permis de voir des amies, inquiètes du fait que je sois injoignable, qui se sont déplacées jusqu’au centre pour s’assurer que j’allais bien, cinq minutes seulement. Ce sont les seules cinq minutes où j’ai pu mettre en veille mes crises d’angoisses".

Je deviens réceptacle d’atrocités de la part de personnes extraordinairement humaines et tolérantes

Elle évoque aussi dans son message, les personnes rencontrées dans le centre fermé. "de la vieille dame marocaine de 70 ans venue visiter ses enfants en Belgique, suspectée d’usage de faux à cause d’un visa raturé, à l’iranienne ayant fuit Hamas car devenue chrétienne, en passant par tellement de jeunes palestiniens fuyant le chaos. Parmi eux, un jeune qui n’a été libéré que 4 mois de détention plus tard et après plusieurs refus de droit d’asile : les revenus 'excessifs' de sa famille comme principal motif, comme si les billets d’argent résistaient aux balles dans un pays en guerre."

Des rencontres qui ont certainement marqué la jeune fille. Et une journée qu'elle gardera en mémoire mais qui n'écorneront certainement l'engagement de Rania : " (...) les 24h d’enfer que je m’apprêtais à y passer, étaient leur quotidien, que l’on n’a pas manqué de me décrire. Je deviens réceptacle d’atrocités de la part de personnes extraordinairement humaines et tolérantes,  me faisant paradoxalement perdre foi en l’humanité, et tout mon idéalisme pour lequel j’étais connue… d’où mes études en Sciences politiques". 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK