La hausse de l'asthme chez les enfants belges est causée par la pollution de l'air

En Belgique l’asthme touche de plus en plus d’enfants. Selon une récente étude publiée dans la revue scientifique « The Lancet », un cas d’asthme infantile sur quatre est dû à la circulation automobile dans notre pays.

L’étude, intitulée « Le dioxyde d’azote augmente les risques d’asthme infantile », concerne 194 pays et s’est intéressée à tous les individus asthmatiques âgés de moins de 18 ans. Parmi la liste, seuls huit pays obtiennent un moins bon résultat que la Belgique. À côté des particules fines, l’asthme peut aussi être causé par des allergies, des infections pour être héréditaire.

Les enfants, plus fragiles face à la pollution

Selon les spécialistes, ce taux élevé d’enfants asthmatiques émerge d’une forte densité de population, principalement au Nord du Sillon Sambre et Meuse, mais aussi d’un nombre élevé de véhicules diesel. Ces éléments engendrent davantage de risques, principalement pour les plus jeunes enfants puisqu’ils sont plus exposés aux conséquences de la pollution.

« L’exposition dans la petite enfance à des facteurs de pollution de l’air quels qu’ils soient est un facteur de risque majeur de développer des maladies respiratoires chroniques plus tard dans la vie, y compris à âge adulte », explique Olivier Michel, pneumologue allergologue au CHU Brugmann. Des études réalisées dans les pays en voie de développement ont montré que les enfants exposés aux « fumées d’habitat », très souvent utilisées pour chauffer les maisons, développent régulièrement des maladies respiratoires chroniques parfois très sévères. « En extrapolant ces observations à nos pays, on peut certainement émettre l’hypothèse qu’une exposition, durant les deux premières années, à des polluants atmosphériques peut avoir des conséquences catastrophiques pour l’avenir respiratoire de l’enfant », ajoute l’expert.

Des médecins surchargés

Sur le terrain, ces observations se vérifient chez les pneumologues qui accueillent un nombre croissant d’enfants. C’est le cas par exemple à l’hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola, à Bruxelles où il faut désormais près de six mois pour obtenir un rendez-vous chez le docteur Lefèvre, un allergologue et pneumologue qui prend en charge les enfants asthmatiques. Selon lui, ce délai n’est pas près de s’amoindrir : « Avec la dégradation de la qualité de l’air, on s’attend à avoir une augmentation de cas d’asthme chez les enfants qui sont quand même les plus fragiles car ils ont de petites voies aériennes. Ces petites voies aériennes ont plus tendance à attraper et retenir les particules fines que les voies respiratoires des adultes. »

Les chercheurs impliqués dans l’étude pointent les normes de l’OMS, affirmant qu’elles ne sont pas assez strictes. La plupart des nouveaux cas d’asthme attribués au Dioxyde d’azote ont été enregistrés dans des endroits où le niveau de pollution est inférieur aux limites d’exposition recommandées.