La goélette Tara étudie le corail en Polynésie

La goélette océanographique Tara dans les eaux de Cape Town en Afrique du Sud, en septembre 2010
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La goélette océanographique Tara dans les eaux de Cape Town en Afrique du Sud, en septembre 2010 - © Rodger Bosch (archives AFP)

Un écrin corallien de 35 kilomètres sur 30 qui enserre quatre îles principales et une poignée de motus (atolls) à 1.700 km à l'est de Papeete: l'archipel des Gambier, façade orientale de la Polynésie française, est le nouveau théâtre d'opération scientifique de la goélette océanographique Tara, venue y recenser et étudier la variété du corail récifal.

Depuis son départ de Lorient le 5 septembre 2009, le deux mâts de 36 m et son équipage tournant de marins et scientifiques, a parcouru 45.000 milles (80.000 km), de l'Atlantique à la Méditerranée en passant par l'océan Indien et le Pacifique, pour cette expédition d'étude de la biodiversité et des écosystèmes planctoniques et coralliens dans les deux hémisphères.

Tara va croiser pendant deux mois en Polynésie française - Gambier, Marquises et Tahiti- avant de mettre le cap sur Hawaï en septembre.

"Ce petit archipel très éloigné de Papeete, royaume de la perle de culture, a été peu étudié et échantillonné, tant en ce qui concerne ses récifs coralliens que sa biodiversité planctonique", souligne Hervé Bourmaud, le capitaine de Tara, originaire de l'île d'Yeu.

"C'est une chance pour notre expédition et dans le cadre de +l'année des outre-mers+ de pouvoir travailler ici, en étroite collaboration avec les éleveurs de perles, très soucieux de l'état de leur lagon nourricier".

Un site corallien peu étudié

Francesca Benzoni, chercheur à l'université de Milan-Bicocca, est "Madame Corail" de l'expédition Tara Océans. A l'automne dernier, dans l'océan Indien, elle avait déjà supervisé les trois premières missions corail de l'expédition, à Djibouti, île Maurice et Mayotte.

"Le site corallien des Gambier n'a été étudié qu'une seule fois, en 1974 et 54 espèces (collection versée au Muséum national d'histoire naturelle à Paris), avait été recensées", explique la scientifique italienne.

"Nous allons effectuer une trentaine de plongées en autant de différents sites de l'archipel afin d'effectuer un recensement complet de son patrimoine corallien, vraisemblablement sous-évalué à ce jour", précise Francesca Benzoni.

Cinq scientifiques-plongeurs, venus de laboratoires de Monaco, Villefranche sur mer, Fribourg, Hawaï et Milan, ont embarqué à bord de la goélette.

Au-delà du recensement des espèces, chacun dans sa spécialité va s'attacher à traquer un éventuel impact du changement climatique sur la vie, la croissance et l'état de santé du récif corallien des Gambier, en comparaison avec les observations faites sur les coraux de l'océan Indien.

Le lagon des Gambier et ses îles principales de Mangareva, Akamaru, Aukena et Taravai, couvertes d'une luxuriante végétation et de multiples essences (cocotiers, bananiers, pamplemoussiers, orangers, tiare, arbres à pain...), est l'un des principaux sites mondiaux de perliculture.

AFP
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