La géolocalisation aurait-elle pu sauver le randonneur français ?

La géolocalisation aurait-elle pu sauver le randonneur français?
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La géolocalisation aurait-elle pu sauver le randonneur français? - © ILSE KETELE; ELIANO IMPERATO

Le corps sans vie de Simon Gautier, 27 ans, a été retrouvé au fond d’un ravin sur la commune de Belvedere di Ciolandre, en Italie. Un secouriste a repéré son sac à dos grâce à une paire de jumelles. Suite à sa chute il y a une dizaine de jours, le jeune homme, immobile à cause de ses deux jambes cassées, avait appelé à l’aide avec les quelques pour-cent de batterie qui lui restaient. Il lui a cependant été impossible d’expliquer précisément où il se trouvait. Sa communication téléphonique a, par contre, permis de réduire le champ des recherches grâce aux antennes relais mais pas de le géolocaliser précisément.

La géolocalisation 112 n’est pas encore obligatoire

Chaque année, des dizaines de randonneurs s’égarent en montagne. Et pour les secouristes, c’est parfois un casse-tête de les localiser. Lors d’un appel d’urgence, l’appelant peut être géolocalisé en une vingtaine de secondes. Ça, c’est en théorie. Mais en pratique ?

En Belgique, cela n’est possible que depuis le mois de mai 2017. La Belgique s’est alors équipée du système AML (Advanced Mobile Location). Cette géolocalisation est valable pour une urgence médicale, un appel à la police ou aux pompiers. Ce système n’est pas obligatoire pour l’instant mais il le deviendra en Europe dès 2020.

Comment ça marche ?

Depuis 5 ans, l’agence du numéro d’urgence européen, le 112, a créé une technologie directement intégrée au téléphone portable : l’AML. En appelant directement le 112, cette technologie envoie un SMS, avec vos coordonnées GPS. Le poste de secours reçoit ce SMS. La marge d’erreur est de quelques dizaines mètres à peine.

Actuellement, seuls dix pays de l’Union européenne sont équipés de la technologie. Il s’agit de l’Autriche, du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de l’Irlande, de la Lituanie, des Pays-Bas, de la Slovénie, du Royaume-Uni et donc de la Belgique.

Sur le continent européen, on peut ajouter à la liste l’Islande, la Moldavie et la Norvège.

En dehors de l’Europe : le Mexique (plusieurs états), la Nouvelle-Zélande, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis (certaines régions) sont équipés du système.

Une application 112 à télécharger

Une application existe. Elle a plusieurs avantages. Elle permet d’entrer en contact avec le 112 en précisant s’il s’agit d’un appel pour la police, les pompiers ou les urgences médicales. La position est actualisée toutes les trentes secondes. Elle permet aussi de partager une fiche complète avec une adresse, le nom de personnes à contacter ou encore le groupe sanguin auquel vous appartenez.

7500 vies sauvées en 10 ans ?

Pour pouvoir géolocaliser une personne en détresse, il faut d'abord que le système AML soit actif dans le pays. Il faut ensuite que l’appel soit passé par un smartphone. Enfin, le téléphone doit capter un réseau téléphonique.

En Europe, plus de 70% des appels aux services d’urgence sont réalisés depuis un téléphone portable.

Les fondateurs du système estiment que s’il était déployé partout dans l’Union européenne, il permettrait de sauver 7500 vies et d’économiser 95 millions sur une durée de dix ans.

Dans le cas malheureux de ce randonneur français, la géolocalisation aurait certainement permis de lui porter secours.

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