La folie du Whisky: moins de bouteilles mais beaucoup plus chères

Près de 600 bouteilles de whiskies différents garnissent ces étagères.
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Près de 600 bouteilles de whiskies différents garnissent ces étagères. - © Tous droits réservés

Au détour d'une visite chez des amis, c'est impossible d'y échapper: les bouteilles de whisky se multiplient dans les bars des particuliers. Les voyages itinérants au gré des distilleries dans la brume des Highlands écossais deviennent également presque monnaie courante. Le whisky fait des émules; les bouteilles prestigieuses de single-malt s'achètent désormais à tour de bras, là où le "blended" trouvé dans les supermarchés pour moins de 20 euros restait la norme il y a peu: "Il y a dix ans quand j'ai commencé, nous proposions 30 sortes de whisky différentes, explique Fernand Van der Linden, propriétaire de la Grange aux vins à Attre. Au fur et à mesure, des clients venaient de plus en plus nombreux me demander si j'avais ce petit whisky inconnu dans nos contrées ou ce bourbon américain du Tennessee. Nous essayions de mettre la main dessus et aujourd'hui, j'ai près de 600 variétés".

Moins mais plus

Et la tendance ne semble pas s'enrayer. Les clubs de dégustation fleurissent un peu partout. Ils se réunissent, à une trentaine en moyenne, une fois par mois chez Fernand Van der Linden: "Ils veulent goûter du whisky qui est trop onéreux pour eux, ne pas spécialement acheter une bouteille mais ils sont poussés par la découverte, la curiosité et la convivialité de ces rencontres. On préfère aujourd'hui consommer moins mais mieux".

Et ce vendredi soir, ils étaient plus de 150 à se rassembler autour de... 150 whiskies du monde entier; de quoi profiter de quelques centilitres de breuvage doré et parfois profondément tourbé issu des eaux brunes du fond de la lande écossaise. Des petites gorgée lentement avalées pour des variétés de cette eau-de-vie au malt d'orge à parfois 700 euros la bouteille: "Ma fille est revenue d'Irlande avec une bouteille de whiskey Connemara, explique cet amateur. Depuis je m'y intéresse sans réellement m'y connaitre, je ne retiens pas les noms mais je prends du plaisir à les goûter et en discuter dans des ambiances agréables".

Amateurs d'amertume

L'intérêt grandit. La maîtrise et la connaissance du produit suivent lentement. Car cette tendance reste aussi une mode et au détour des tables, les profils se succèdent au rythme des levées de verres légèrement ballonnés. Peu de grands spécialistes, surtout des gosiers profanes qui ne demandent qu'à apprendre: "Ça progresse... il y a quelques années, les gens appréciaient le whisky sans réellement s'y connaitre mais c'est de mieux en mieux et ça ne se limite plus à jauger la différence entre une sorte de whisky plus ou moins tourbée, détaille Chris Lauriers, ambassadeur-whisky belge depuis 2015. Mais les subtilités sont bien plus nombreuses... peut-être même plus fines que pour le vin".

Never on the rocks

"On ne boit pas du single-malt n'importe comment (le single-malt est obtenu à partir d'un seul type de céréale en opposition aux blended whisky qui résulte d'un mélange). Déjà, il faut le boire à température ambiante et jamais vous ne mettez de glaçons ! Le verre aussi doit être adapté". Claudia Hamm se veut péremptoire. Elle est importatrice et la dégustation de whisky noble doit suivre les règles de l'art. "Il n'y a que comme cela que la boisson révèle ses nuances d'odeur et de goûts". Et des nuances, il y en a autant que de variétés. Or, la production s'internationalise. Le Japon, l'Inde, le Pays de Galles, la Suède deviennent de véritables acteurs derrière le whiskey irlandais ou le bourbon américain. Le whisky belge a aussi fait son apparition même s'il ne convainc pas toujours (ou encore) les spécialistes. Reste l'Ecosse qui couvre encore parfois plus de 80% des whisky proposés. Le prestige de la tradition que voulez-vous.

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