La Flandre tire la Belgique vers le haut dans la maîtrise de l'anglais

"Qui sait parler anglais ?" A cette question, les réponses des Belges ne seraient pas si mauvaises selon une dernière étude internationale sur le sujet (English Proficiency Index 2019). Notre pays se positionne en 13ème place (sur 100 pays) avec un score de 63,09 points. Ce classement est dominé par les pays européens, surtout du Nord, tels que les Pays-Bas, la Suède, la Norvège et le Danemark. Ces 14 premiers du classement peuvent se targuer d’avoir une "très bonne maîtrise de la langue", selon les critères de l’étude.

Mais à regarder de plus près au score belge, il y a quand même deux sources d’inquiétude. D’abord, ce score est en baisse par rapport à l’étude précédente : -0,43 point. Nous avons même perdu deux rangs au passage. Ensuite, il y a de claires différences entre les scores des deux grandes communautés du pays :

  • Flandre : 64,33
  • Wallonie : 58,77

Une différence de 5,5 points qui aurait comme conséquence immédiate de placer la Flandre à la 5e place mondiale. La Wallonie serait 25e, tout juste devant un groupe composé de la France, l’Espagne ou l’Italie. "On peut ainsi dire qu’il reste encore une grande marge de progression et beaucoup de travail à accomplir dans l’apprentissage et la maîtrise de l’anglais pour les francophones", conclut l’étude.

L’immersion comme solution ?

L’étude fait remarquer aussi qu’en Belgique comme ailleurs, ce sont les plus jeunes générations qui maîtrisent le mieux l’anglais. Les 21-25 ans sont en tête, suivis des 18-20 ans et des 26-30. Les plus de 41 ans ferment la marche. L’enseignement obligatoire et l’augmentation des cours d’anglais qui y sont donnés, l’utilisation de nouvelles technologies et l’ouverture aux cultures internationales sont évidemment des explications d’un caractère plus anglophone des plus jeunes. Mais pour beaucoup, le retard par rapport à la Flandre ou aux autres pays pourrait être rattrapé via l’immersion.

A l’institut Saint-Joseph de Gosselies, des classes en immersion en anglais sont proposées depuis 2007. Cette école était d’ailleurs la première de Wallonie à les mettre en place. De la 3e maternelle à la 6e primaire, deux des quatre classes bénéficient de cours de mathématique et d’éveil donnés entièrement en anglais ! Les leçons sont prodiguées par des instituteurs au bagage pédagogique qui suivent le programme classique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais tout est exprimé dans la langue de Shakespeare. "On voit le calendrier, la météo, les mathématiques et j’utilise un maximum de mots de vocabulaire précis pour qu’ils leur deviennent familiers", détaille Audrey Falisse, institutrice de 2e primaire en immersion. Dans sa classe, tous les enfants comprennent les consignes données après seulement 2 ans d’anglais, mais l’expression est encore difficile. Ceux qui poursuivent l’immersion en secondaire atteignent le bilinguisme autour de la 3e ou 4e année secondaire. "Jusqu’à la 6e primaire, ils parlent encore un peu en français pour s’aider. Mais mes anciens élèves qui sont maintenant en 3e secondaire me parlaient tous exclusivement en anglais !"

Mais y a-t-il un risque de délaisser les autres compétences de base en focalisant sur l’anglais ? "Les élèves qui ont fait leurs primaires en immersion ont de très bons résultats en secondaires, balaie Guy Grenson, le directeur du cycle 8-12 ans de l’institut Saint-Joseph. Mieux encore, alors que l’examen de fin de 6e primaire (le CEB) ne contrôle que le français, les résultats sont les mêmes entre nos élèves des filières francophone et anglophone."

Actuellement une petite cinquantaine d’écoles maternelles, primaires et secondaires organisent l’immersion en anglais contre 84 écoles en immersion en néerlandais.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK