Retard des vaccins Pfizer contre le coronavirus : la vaccination dans les hôpitaux sera adaptée en Wallonie et à Bruxelles

La Flandre suspend la vaccination dans ses hôpitaux… La Wallonie et Bruxelles aussi ?
La Flandre suspend la vaccination dans ses hôpitaux… La Wallonie et Bruxelles aussi ? - © Handout - Getty Images

Les programmes de vaccinations des différents pays sont mis à mal, en raison des retards de livraison de Pfizer. Chez nous, l’entreprise pharmaceutique devait livrer 100.000 doses la semaine prochaine, mais elle n’en livrera que 83.000.

"Ralentir la cadence dans la vaccination du personnel des soins de santé a été nécessaire", estime Sabine Stordeur, coresponsable de la taskforce fédérale vaccination.

C’est donc une légère diminution, mais qui demande tout de même une adaptation des plans de vaccination prévue dans les différentes régions de notre pays pour les deux prochaines semaines. La Flandre, qui avait prévu mardi soir de reporter la vaccination dans les hôpitaux, a finalement revu ses plans. Certains membres du personnel continueront d’être vaccinés.

"En Flandre, ils avaient fortement accéléré la vaccination dans les maisons de repos et donc il y a un goulot d’étranglement qui se crée et ils ont choisi une priorité au détriment de l’autre", explique Sabine Stordeur. L’impact est plus modéré en Wallonie et à Bruxelles. "Leur accélération dans les maisons de repos avait eu lieu une semaine plus tôt", poursuit-elle.

La Wallonie et Bruxelles gardent le cap

"On s’adapte, mais on continue et on poursuit la vaccination", martèle Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé. Dans le sud du pays, le calendrier des vaccinations pour les maisons de repos reste donc inchangé. Ce qui va être adapté, c’est la vaccination dans les hôpitaux. Elle va continuer, mais à une cadence moins rapide. En Wallonie, le personnel le plus exposé au Covid19, dans les unités de soins intensifs et dans les services d’urgence, sera vacciné en priorité. "Ça commence à poser problème que chaque semaine, on ait des différences et qu’on soit informés très tard", s’irrite la ministre.

Dans les structures d’hébergement pour personnes handicapées, les premiers vaccins seront injectés début de semaine prochaine. Ce sont les premiers éléments qui ressortent de la réunion des ministres de la Santé entamée ce mercredi matin.

A Bruxelles, les autorités ont le même schéma qu’en Wallonie. Les maisons de repos restent prioritaires. La vaccination des résidents devrait d’ailleurs se terminer cette semaine. Le personnel suivra la semaine prochaine. Pour les établissements hospitaliers, aucune suspension n’est à l’ordre du jour. Les autorités poursuivront la vaccination en fonction des doses reçues.

Impact sur toute la chaîne

Cette annonce de Pfizer impacte toute la chaîne, principalement les acteurs de terrain, ceux qui planifient la vaccination dans les maisons de repos, dans les hôpitaux. Les hubs, qui rassemblent les vaccins, sont également touchés. "Ils n’ont plus de vue sur la manière de décongeler les flacons et assurer le transport", indique Sabine Stordeur, coresponsable de la taskforce fédérale vaccination.

Les hôpitaux vont également devoir s’adapter. Le Grand Hôpital de Charleroi a calmement commencé les premières injections au personnel ce mardi. "On n’avait pas de garantie sur la suite de la vaccination, constate le Dr Manfredi Ventura, le directeur médical. C’est très important parce qu’on veut continuer à maintenir le schéma de deux doses séparées de trois semaines." L’hôpital espère accélérer la vaccination de son personnel dans les prochains jours. "On ne va pas accélérer tant qu’on n’est pas certain des livraisons", assure-t-il.

Mais les différents maillons de la chaîne espèrent une communication claire de la part de Pfizer pour le reste des livraisons. "Il convient d’avoir une vue qui soit au minimum de deux à trois semaines", prévient Sabine Stordeur. La Belgique, comme probablement les autres pays européens, aimerait clarifier la situation avec l’entreprise pharmaceutique. La Commission européenne a d’ailleurs prévu une rencontre avec Pfizer ce mercredi afin de préciser la programmation des livraisons.

La Flandre fait marche arrière

Le personnel des urgences et soins intensifs des 13 hôpitaux de Flandre qui servent de centres de stockage et de répartition des vaccins continuera donc d’être vacciné au cours des deux prochaines semaines, a indiqué le ministre flamand de la Santé Wouter Beke, dans les journaux télévisés de la VRT et de VTM. "Pour la deuxième fois en une semaine, Pfizer a annoncé qu’elle ne pouvait pas fournir autant que prévu, s’alarme le ministre. C’est une énorme déception pour les gens sur le terrain, mais aussi une frustration particulière pour nous". Les vaccinations en cours et programmées dans les maisons de repos et de soins en Flandre ne sont pas remises en question.

Il y a quelques jours, Pfizer annonçait une diminution des livraisons de vaccins, notamment en Belgique. L’entreprise pharmaceutique suspend provisoirement la production de vaccins afin de réadapter sa ligne de production à Puurs, en Flandre. Cette mise à l’arrêt a pour but de produire plus de doses à l’avenir. "Pfizer travaille d’arrache-pied pour fournir plus de vaccins que prévu cette année, avec un nouvel objectif de 2 milliards de doses pour 2021, explique l’entreprise dans un communiqué. Pour ce faire, Pfizer élargit ses opérations de production. Cela permettra d’absorber les nouvelles demandes de l’Union Européenne et d’autres pays et de fournir plus de doses que prévu dès le deuxième trimestre 2021."

La Belgique en justice contre Pfizer ?

L’Italie, qui a vu ses livraisons de flacons de vaccin se réduire de 29% cette semaine, a déjà annoncé une procédure judiciaire contre les retards de Pfizer.

En Belgique, une telle procédure n’est pas du tout à l’ordre du jour. "La Belgique, en tant qu’État membre de l’Union européenne, a acheté ses vaccins dans le cadre européen. Ce n’est donc pas à la Flandre d’entamer des procédures juridiques", nuance Wouter Beke. D’autant que la Belgique a un contrat de résultats avec l’entreprise qui s’étale sur quatre mois. Pfizer a donc 120 jours pour livrer la totalité des doses prévues. Mais nous ne sommes qu’au début de cette période, il n’y a donc pas de quoi attaquer le géant pharmaceutique.

 

Sabine Stordeur dans "Questions en prime" (19/01/2020) : la vaccination ralentie dans les hôpitaux ?

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