La firme Casa incite ses employés à la délation

Casa incite ses employés à la délation
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Casa incite ses employés à la délation - © RTBF

Les employés de la chaîne de magasins Casa sont encouragés à dénoncer leurs collègues qui auraient volé de l'argent ou des marchandises, octroyé une remise à un ami, ou qui n'auraient pas presté leurs heures de travail. Ils peuvent témoigner en toute confidentialité. La chaîne se chargera ensuite de mener l'enquête. Cet appel à la délation fait bondir les syndicats.

L'entreprise a tout prévu : un numéro de gsm, mais aussi une adresse e-mail pour envoyer d'éventuelles preuves. Tous les employé de Casa ont été invité à signer cette nouvelle procédure. Une vendeuse, qui est aussi déléguée CNE explique au micro de la RTBF que l’on craint qu’un membre du personnel puisse monter un dossier contre un collègue que l’on n’apprécie pas "en inventant des choses".

C'est bien ce que dénoncent les syndicats : les risques de règlement de compte entre collègues. Ils critiquent aussi l'absence de concertation sur le sujet et ils sont prêts à réagir. D'après Myriam Delmée, du Setca, ce n'est pas un cas isolé : "C’est un phénomène qu’on connaît déjà depuis une dizaine d’années et qu’on a de manière récurrente dans le commerce, dans des grands groupes comme Brico. Dans le groupe Delhaize on a été confronté il y a moins d’un an au même problème, et on s’y est opposé évidemment".

La direction de Casa n'a pas souhaité réagir ce jeudi. Sur le plan juridique cependant, utiliser une ligne téléphonique pour dénoncer la fraude n'est pas illégal.

Comeos: "La fraude est un problème"

Du côté de Comeos, la fédération du commerce, Dominique Michel explique que la fraude par les employés est un réel problème, et qu'il est difficile de s'y attaquer par d'autres moyens : "Par exemple, si vous voulez installer des caméras qui surveillent ce qui se passe dans le magasin, et qui peuvent contrôler les gens qui y travaillent, il y a des procédures très limitatives qui font que l’impact de ces contrôles est quasiment inexistant".

Mercredi soir, lors d'un conseil d'entreprise, la CNE a demandé à la direction de faire marche arrière, sans succès. Des discussions sont encore en cours.

Daphné Van Ossel

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