La FGTB dénonce une réduction importante des primes de fin d'année des aide-ménagères

La perte s'élève à environ 80 euros du montant de la prime par mois de chômage
La perte s'élève à environ 80 euros du montant de la prime par mois de chômage - © Kathrin Ziegler - Getty Images

Après d'importantes pertes de salaire subies au cours des derniers mois, les travailleuses des titres-services risquent d'être à nouveau touchées financièrement en décembre, lors du versement de leur prime de fin d'année, dénonce vendredi la FGTB. Les jours de chômage temporaire pour cause de force majeure 'corona' n'étant pas assimilés à des jours prestés, les conditions d'accès et le montant de la prime accordées aux aide-ménagères risquent d'être altérés.

Les aide-ménagères, qui ont été nombreuses à se retrouver au chômage temporaire en raison de la crise du coronavirus, "risquent bien de recevoir une nouvelle claque lors du paiement de leur prime de fin d'année", fustige la FGTB dans un communiqué. En effet, pour bénéficier d'une prime de fin d'année, il faut avoir travaillé au moins 65 jours dans le secteur des titres-services au cours de la période de référence (entre juillet 2019 et juin 2020). Or, les jours de chômage temporaire pour cause de force majeure corona ne sont pas assimilés à des jours prestés, ce qui signifie que celles et ceux qui n'ont commencé à travailler qu'en 2020 risquent de ne pas remplir les conditions.

Le montant de la prime de fin d'année pose également problème, selon le syndicat socialiste. Il s'élève à 4,5% du salaire brut perçu par les travailleuses au cours de la période de référence. "Ajoutez à cela le chômage temporaire, et les aide-ménagères se retrouveront avec une prime de fin d'année réduite à peau de chagrin", affirme la FGTB, qui plaide pour l'assimilation de la période de chômage temporaire pour les travailleuses des titres-services.

Aujourd'hui, la prime de fin d'année pour une aide-ménagère travaillant à temps plein s'élève à plus de 1.000 euros bruts. La perte s'élève cependant à environ 80 euros du montant de la prime par mois de chômage. "Accumuler les jours de chômage temporaire aura un effet pervers sur la prime de fin d'année de ces employées qui travaillent déjà pour un salaire très bas", souligne Sébastien Dupanloup, représentant de la FGTB.

Mesures régionales

La Région wallonne a dégagé, pour le mois de mai, 8,6 millions d'euros, permettant aux entreprises de payer un salaire plein aux 40.000 travailleuses des titres-services, même lorsque celles-ci ne prestaient qu'une partie de leur horaire. À Bruxelles, la majoration de l'intervention des aide-ménagères augmentait de deux euros à partir du 18 mars, et ce jusqu'au 30 juin. Une deuxième mesure visait à assurer un complément de 2,50 euros brut par heure de chômage temporaire déclarée, permettant aux travailleuses d'atteindre un salaire proche de celui qu'elles percevaient initialement.

Ces mesures de soutien prises par les différents gouvernements sont pourtant loin de susciter l'enthousiasme de M. Dupanloup. "Il y a eu un effet d'aubaine pour les entreprises du secteur largement subsidiées", affirme le syndicaliste. "Plutôt que de servir à éviter la précarité des travailleuses, ces aides ont été utilisées pour avantager les entreprises. Celles-ci ont été subsidiées même lorsque les clients se faisaient rares. La rentabilité des entreprises est passée avant leur responsabilité sociale", conclut-il.

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