La durée de vie de vos électroménagers va s'allonger: les fabricants doivent s'adapter d'ici 2021

Frigo, machine à laver, lave-vaisselle… Ces électroménagers font partie de notre quotidien, et tombent malheureusement souvent en panne. Des pannes qui mènent à l’achat d’une nouvelle machine, car il est difficile de se procurer les pièces qui permettent de réparer l’objet. "Souvent les pièces ne sont plus disponibles pour réparer, donc on profite de la garantie de deux ans, puis après une panne on rachète du neuf", nous confie un client. Cette pratique devrait bientôt disparaître… La Commission européenne veut y mettre fin dès 2021. Pour la première fois, elle impose aux fabricants de commercialiser une série de pièces détachées. L’idée étant d’éviter de devoir jeter nos électros pour une pièce défectueuse.

Comment ça marche ?

A partir de 2021, les fabricants devront mettre ces pièces détachées à disposition pour une durée qui dépendra de l’appareil :

  • 7 ans minimum pour les appareils de réfrigération (10 ans pour les joints de porte)
     
  • 10 ans minimum pour les lave-linge ménagers
     
  • 10 ans minimum pour les lave-vaisselle ménagers (7 ans pour certaines pièces)

Au cours de cette période, le fabricant devra assurer la livraison des pièces de rechange dans un délai de 15 jours ouvrables. Ces pièces de rechange devront pouvoir être remplacées à l’aide d’outils couramment disponibles et sans dommage irréversible à l’appareil. Les fabricants devront aussi garantir la disponibilité d’informations pour la réparation et l’entretien à l’intention des réparateurs professionnels.

Avec quelles conséquences ?

Il y a d’abord des conséquences positives, selon Pauline Constant, porte-parole du Bureau européen des Unions de Consommateurs. "La facture énergétique du consommateur va diminuer car les appareils seront toujours aussi performants, mais en consommant moins d’énergie. Et ses économies seront préservées car les appareils vont durer plus longtemps, car ils seront réparés. D’après la Commission européenne, les consommateurs vont pouvoir économiser 150 euros par ménage par an."

Une bonne nouvelle également pour les techniciens réparateurs, comme Alime Saidane : "Avant, dans le temps, après 7 ou 8 ans on commençait seulement à faire des réparations. Aujourd’hui, les gens ne réparent plus car les modules sont programmés, après un certain temps, ça se coupe. Les pièces sont plus fragiles…"

Mais cette nouvelle norme génère aussi des craintes. C’est le cas pour Eric Campinelli, gérant d’un magasin d’appareils électroménagers : " Je pense qu’il y aura un coût logistique pour le stockage des pièces, et pour garantir leur disponibilité pendant 10 ans. Ce sera compliqué pour les fabricants. Les coûts de production dans les pays où la main-d’œuvre est bon marché font que les produits ne sont pas très chers. Mais si on doit garantir pendant 10 ans une disponibilité de pièces en Europe, ça risque d’augmenter le prix des produits à l’avenir."

De son côté, Paolo Falcioni, directeur général de l’Association du secteur européen des appareils ménagers, salue des règles qui "font progresser la culture de" l’économie circulaire et appelle à un contrôle strict du respect de la législation.

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