La douleur des filles serait moins prise au sérieux que celle des garçons

Lorsque des adultes sont face à un jeune qui se plaint, la douleur de celui-ci est moins prise au sérieux lorsqu'il est présenté comme une fille, selon une étude
Lorsque des adultes sont face à un jeune qui se plaint, la douleur de celui-ci est moins prise au sérieux lorsqu'il est présenté comme une fille, selon une étude - © Pixabay

On dit souvent de certaines personnes : « Il/Elle se plaint tout le temps, ça lui passera ». Mais ce genre de jugement, qui peut parfois avoir des conséquences si une douleur avérée n’est pas prise au sérieux, serait différent selon le genre de la personne qui se plaint. Face à la douleur d’une petite fille ou d’un jeune garçon, une récente étude américaine montre que le regard des adultes est différent.

Une recherche du service de psychologie de l’Université de Yale a séparé un panel de 264 adultes en deux groupes. Chaque groupe a visionné la même vidéo, montrant un enfant en train de se faire piquer les doigts. Si les images étaient identiques, l’enfant était présenté à l’un des groupes sous le nom de Samuel, et à l’autre, de Samantha.


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Les participants devaient ensuite évaluer la douleur ressentie par l’enfant. Résultat des courses : lorsque des adultes sont face à un jeune qui se plaint, la douleur de celui-ci est moins prise au sérieux lorsqu’il est présenté comme une fille, c’est en tout cas le bilan de l’expérience, publié dans le « Journal of Pediatric Psychology ».

Plus expressives

Dévoilée par la CNN, cette étude montre que les stéréotypes de genre sont encore bien présents. Si vous pensiez que des assertions comme « les garçons sont forts, puissants, protecteurs et n’ont jamais mal » ou « les filles sont plus expressives et moins résistantes face à l’altérité » étaient d’un autre temps, ces nouvelles analyses pourraient prouver le contraire.


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Brian Earp, co-initiateur de cette étude analyse les résultats au micro de CNN. Dans la tête du grand public, « pour qu’un garçon puisse exprimer autant de douleur, il doit vraiment souffrir », explique-t-il. Le genre opposé est, lui, plus souvent associé à une nature plus expressive. C’est-à-dire, que selon l’expert, une fille sera plus encline à témoigner une douleur qu’elle n’a pas réellement, selon les stéréotypes. Ce sont ces mêmes stéréotypes qui guident les personnes testées dans le cadre de cette expérience, d’après Brian Earp.

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