La discrimination envers les musulmans plus subtile quand elle touche à des idées réactionnaires

Le World Trade Center de New York avant sa destruction.
Le World Trade Center de New York avant sa destruction. - © MARIO SURIANI - AFP

Il est beaucoup question d'islamophobie depuis les attentats contre le World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York et les attentats plus récents en Europe. Certaines discriminations sont réelles et ont été prouvées quand il s'agit d'attribuer un emploi ou un logement à une personne musulmane. Une étude de l'UCL (publiée dans la revue internationale Political Psychology) révèle une discrimination plus subtile quand il est question de sujets de société à connotation réactionnaire, anti-libérale. 

Cause noble contre cause anti-libérale

Les professeurs Vassilis Saroglou et Jolanda van der Noll de l’Institut de recherche en sciences psychologiques de l’UCL ont interrogé un échantillon de 440 personnes, belges et non musulmanes. Chacune devait accorder de façon fictive une somme d'argent à une personne désignée simplement par un prénom, musulman ou chrétien. Accorder une somme soit pour une cause ordinaire ou noble -  aller visiter un membre de sa famille, faire des photocopies de cours-  soit une somme pour défendre un combat d’idées, en l’occurrence en faveur du port du voile ou contre les droits des homosexuels.

Une discrimination subtile

Les résultats montrent que les personnes ne discriminent pas les musulmans quand il s'agit d'une cause ordinaire, respectable. Par contre, quand des idées réactionnaires, anti-libérales, sont en jeu, les personnes donnent moins aux musulmans qu'aux chrétiens, alors qu’ils défendent les mêmes causes. Vassilis Saroglou :

"Au départ, nous pensions que si la discrimination anti- musulmane était aussi forte qu’on le dit, les gens discrimineraient la personne musulmane même quand il s’agit d’une cause respectable, noble. Toutefois, l’étude a montré que les gens font un effort de ne pas établir de discrimination quand il s’agit d’une cause ordinaire, mais bien dans un second temps, quand il est question de causes anti-libérales, comme le port du foulard ou les droits excessifs des homosexuels. On appelle cela une discrimination subtile. Elle n’est pas massive, pas omniprésente, mais subtile."

Les athées sont les plus égalitaires

Cette étude suggère donc que nous sommes partiellement capables de faire la distinction entre respecter les personnes et seulement critiquer leurs idées ou leurs normes.

L’étude de l’UCL souligne cependant deux exceptions : les personnes ethno-centrées, qui ne font aucune distinction et pénaliseront la personne musulmane dans toutes les situations ; les athées, qui pénaliseront les personnes de façon égale pour leurs idées anti-libérales et non pas en fonction de leur origine.

Cette étude a été réalisée avant les attentats qui ont touché la France et la Belgique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK