La danse hip hop: un culture rebelle bientôt institutionnalisée?

Entre son ADN rebelle et son envie de reconnaissance, la danse hip hop pourrait prochainement être à la croisée des chemins.
Entre son ADN rebelle et son envie de reconnaissance, la danse hip hop pourrait prochainement être à la croisée des chemins. - © capture

A l'Eden de Charleroi, le concours de danse hip hop A6000 a accueilli dimanche plusieurs dizaines de danseurs de tout âge et de tout le pays. Namur, Liège, Bruxelles et même des danseurs allemands ont participé à ce contest. L'occasion de célébrer cette culture si particulière: "On veut défendre le hip hop qui souffre de nombreux clichés. Soit on voit cela comme la culture des jeunes à problèmes, soit c'est à travers les strass et paillettes des grandes stars du rap, explique Mona-Lisa Maglio, co-organisatrice de l’événement. Charleroi, une ville où le hip hop est d'ailleurs vivace: "Il y a eu un essor particulier ici, c'est vrai. De nombreuses écoles de danse sont nées récemment. Il y avait cette volonté de fédérer autour de la ville alors que d'habitude les carolos vont plutôt ailleurs. Il nous manquait quelque chose pour les jeunes de chez nous".

Le principe de ce concours? "Des équipes de danseurs s'affrontent dans des chorégraphies préparées ou improvisées et des juges choisissent celle qui a proposé les meilleurs enchaînements à partir de nombreux critères très codés", explique Mona-Lisa Maglio.

Une culture et ses clichés

Née dans les années 70, popularisée dans les années 80 et au départ très marginale, la culture hip hop est devenue très mainstream. A la recherche de reconnaissance depuis toujours, le hip hop français vit un débat compliqué depuis que le gouvernement français a décidé de lancer un diplôme d'Etat de danseur hip hop qui donnerait à cette danse très freestyle une vie plus officielle mais aussi un financement au même titre que le jazz ou la musique classique. Or pour beaucoup de danseurs, le hip hop ne peut pas être codé, défini ou mis en cage car il est en constante évolution. En France comme en Belgique, le hip hop se méfie du formatage. La culture de la rue sera-t-elle bientôt sur les bancs de l'école? 

Les codes et l'improvisation

C'est justement la confrontation entre codes et improvisation qui pose problème quand on évoque l'idée de créer un diplôme officiel de professeur de danse hip hop. Le débat est vif parmi ses représentants belges. Certains n'imaginent pas leur passion mise en cage: "C'est contre l'idée même du hip hop de définir officiellement ce qui est hip hop et ce qui ne l'est pas. C'est une culture en évolution permanente, la fixer, ce serait peut-être la tuer", défend Hamza Ennaday,

Pour la pédagogie

Personne n'est toutefois complètement catégorique. Des avantages, il y en aurait, notamment au niveau pédagogique. Des écoles de danse hip hop, il y en a des centaines en Belgique. Charleroi, à elle seule, en compte une quinzaine et la qualité de l'enseignement peut varier: "C'est là que la pédagogie pourrait avoir du sens. Autant commet performer, ça ne sert à rien, autant au niveau de la transmission de ce savoir, il pourrait y avoir de bonnes choses pour permettre un enseignement plus optimal", justifie David Vandenplas, co-directeur de l'école 2mad, internationalement reconnue.

Une véritable question existentielle. Entre son ADN rebelle et son envie de reconnaissance, la danse hip hop pourrait prochainement être à la croisée des chemins.

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