La crise du coronavirus crée des tensions extrêmes dans les prisons

L'intérieur d'une prison
L'intérieur d'une prison - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Et en cette période de crise, on constate de plus en plus de tensions dans les prisons. La situation est difficile à vivre pour les détenus, mais aussi et surtout pour le personnel.

La grogne monte tant du côté des prisonniers que des membres du personnel pénitentiaire. Un surveillant de la prison de Mons a déjà été contaminé, il est actuellement en soins intensifs. Les prisonniers de la prison de Leuze-en-Hainaut n'ont quant à eux plus droit qu'à un repas par jour. Le supermarché en charge de l'approvisionnement de leurs repas ne peut plus acheminer suffisamment de stock. Vendredi après-midi, en fin de promenade, une quarantaine de détenus de Leuze-en-Hainaut ont refusé de rejoindre leurs cellules. "Les 350 détenus de la prison de Leuze ont reçu un message disant que le stock de nourriture du supermarché Carrefour avait été dévalisé, et c'est le fournisseur de la prison de Leuze. Il ne peut plus apporter de nourriture. Or il faut bien se nourrir. On mange le repas de midi, et le soir on ne mange plus rien, en fait. Les visites sont déjà bloquées, et cela on peut le comprendre puisqu'il y a le coronavirus. Mais maintenant on n'a plus rien à manger", se plaint un détenu, interrogé par téléphone.


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Du côté des surveillants, la situation est également très tendue. A la prison de Mons, un membre du personnel infecté par le virus est en soins intensifs.
Avec de nombreux absents, les agents pénitentiaires du pays sont d'ores déjà en sous-effectifs. Mais ils doivent continuer à travailler. "Aujourd'hui, il faut savoir que l'agent qui est en contact avec quelqu'un qui a été en contact avec quelqu'un qui est contaminé au coronavirus, doit venir travailler au sein de l'établissement pénitentiaire s'il ne présente pas de symptômes. C'est assez aberrant quand on voit les directives qui sont prises à l'extérieur", explique Grégory Wallez, secrétaire général CGSP AI.

Une fois sur leur lieu de travail, il est difficile pour les agents de respecter les mesures de sécurité, comme la distanciation sociale. "Au jour d'aujourd'hui nous n'avons pas de masque, ni de gants pour faire des fouilles de détenus. On nous dit de garder nos distances ou d'utiliser un détecteur de métaux. Mais le minimum serait quand même d'avoir un masque et nous n'en avons pas. Alors qu'à l'extérieur il y a énormément de procédures", dénonce le syndicaliste.

D'autres réunions avec le SPF Justice et la direction générale des prisons sont prévues dans les prochains jours. Si rien ne change, des actions des membres du personnel ne sont pas à exclure.

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