La crème solaire, une protection indispensable contre le soleil depuis 1936

La crème solaire, une protection indispensable contre le soleil depuis 1936
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La crème solaire, une protection indispensable contre le soleil depuis 1936 - © MARTIN BERNETTI - AFP

Si l'Histoire semble montrer que l'Homme a toujours cherché à se protéger du soleil (les Égyptiens s'enduisaient d'un baume à base de riz ; les Inuits, la graisse de phoque ; les Tibétains, une combinaison de goudron et d'herbes ; les Indiens, un mélange d'extrait de plante), il a fallu attendre 1936 pour que soit commercialisée la première vraie protection solaire : l'Ambre solaire qui permet de bronzer sans rougir. C'est l'année des premiers congés payés

Cette invention, on la doit au Français Eugène Schueller. Ce chimiste, fondateur de l'Oréal, aimait sillonner les côtes bretonnes à bord de son voilier. Or, la graisse à traire, l'ancêtre de la crème solaire, se montrait totalement inefficace pour le protéger du soleil. Pour cette raison, il demande à ses laboratoires d'évaluer les différentes huiles disponibles sur le marché. Laboratoires qui finiront par mettre au point cet Ambre solaire (une huile additionnée d'un filtre protecteur) en avril 1935. D'abord commercialisée sur la Côte d'Azur à l'été 1935, le commerce s'étend dès 1936.   

Mais à l'époque, les dangers liés à l'exposition du soleil sont encore mal connus. La beauté du bronzage prime avant tout. Ce n'est qu'en 1970 que l'on attire l'attention du public sur cette problématique. En témoigne, cet extrait d'émission datant des années 70' et où notre collègue Jacques Bredael tente de sensibiliser le grand public à ce sujet :

Concrètement, le bronzage est une défense naturelle au soleil, mais si on exagère, c'est le risque garanti d'abîmer sa peau. Certains affirment d'ailleurs ceci : "Les coups de soleil chez l'enfant fabriquent les cancers chez l'adulte"

Depuis, les crèmes solaires n'ont cessé de s'améliorer. On en trouve sous toutes les formes (en tube, en spray ou en pulvérisateur), avec des petit ou des grands indices de protection et résistantes à l'eau. Il y en a aussi pour tous les prix. Alors comment choisir ? Vous le verrez dans cet extrait d'"On n'est pas des pigeons" que le prix n'est pas forcément signe d'efficacité :

Pourquoi faut-il se protéger du soleil ? 

Pasquale Nardone, professeur de physique à l'ULB, l'explique très bien à Yasmine Boudaka dans une émission diffusée en 2011 sur La Première en radio : "L'ultraviolent (UV) est capital parce qu'il a assez d'énergie pour venir briser des chaînes de molécules qui sont essentielles à notre vie, comme par exemple l'ADN. L'ultraviolet est donc capable de détruire notre ADN. Ce qui signifie que notre cellule, lorsqu'elle va se diviser, ne va plus bien se comporter. Elle n'aura plus le bon patrimoine génétique et peut dégénérer en cancer".

Et de poursuivre : "Le deuxième problème c'est que l'ultraviolet, toujours à cause de son énergie, est capable de créer des 'radicaux libres'. C'est simplement le fait que le rayonnement ultraviolet brise une molécule en deux atomes et cet atome libre, ce 'radical libre', est capable, lui, (et c'est là que c'est vicieux) de provoquer une réaction en chaîne, c'est à dire d'aller casser des molécules et continuer à exister ;  et il va être capable d'aller casser toute une série de chaînes. Et dernière propriété désastreuse de l'ultraviolet, c'est qu'il va détruire les polymères naturels que nous avons, c'est à dire les chaînes de molécules qui sont chez nous (comme le collagène et la kératine qui sont la structure de notre peau). Et donc, l'ultraviolet va détruire la structure aussi. C'est à dire que l'on va commencer à avoir une peau fripée, une peau dégradée en terme d'élasticité et de propriété mécanique"

Cet expert rappelle toutefois l'utilité du rayonnement ultraviolet qui fabrique naturellement la vitamine D, très importante pour notre corps. 

Qu'est-ce que l'indice UV ? 

Pasquale Nardone rappelle qu'il ne faut pas confondre l'indice UV donné par les météorologues avec les UV affichés sur les crèmes. 

L'indice UV donné par les météorologues correspond à la puissance de rayonnement que l'on reçoit (en fonction de l'heure de la journée). "C'est lui qui va déterminer le temps que l'on peut rester au soleil sans crème". On parle alors de la quantité de milliwatt par m2 (mW/m2).

"Si on a un indice UV de 10, qui est presque le maximum, cela veut dire qu'on est en train de recevoir 250 mW/m2", explique ce professeur de physique. Autrement dit, sous ce rayonnement (qui correspond au moment où le soleil est au zénith, à midi) en "7 minutes, voire 30 minutes, on atteint notre dose maximale". Au-delà, on ne peut plus rester au soleil sans protection, sous peine d'effets irrémédiables pour notre corps et notre santé. 

A l'inverse, "si on a un indice UV de 1, cela veut dire que l'on reçoit 25 mW/m2, et on peut rester sous ce soleil-là entre 1h et 7h" en fonction de notre peau.

"Les crèmes servent à arrêter le rayonnement ultraviolet"

"Donc en vacances, là où on va généralement, au-delà de 30 minutes, c'est extrêmement dangereux de rester au soleil sans crème", précise-t-il. 

D'où l'intérêt de ces protections solaires : "Les crèmes servent à arrêter le rayonnement ultraviolet"

Sur ces emballages, on voit souvent ces trois lettres : "SPF" pour Sun Protection Factor. C'est l'indice UV propre aux crèmes. Plus l'indice est grand et plus longtemps on pourra rester au soleil. 

Par exemple, explique Pasquale Nardone, "l'indice 50 signifie que l'on peut rester 50 fois plus longtemps au soleil que sans crème. Donc, si on peut rester que 30 minutes (car UV de 10), on peut rester 50 fois 30 minutes, soit 25h". Ce qui est un peu exagéré, précise-t-il, car la transpiration et l'eau font que la crème s'enlève. Croire que l'on est protégé pour la journée, est donc illusoire. Il faut remettre de la crème systématiquement après avoir été dans l'eau, rappelle-t-il. 

Le parasol n'est pas une protection, attention au sable

Selon ce professeur, on a tendance à sous-estimer la réflexivité de l'environnement. Autrement dit on ne se rend pas compte de sa capacité à réfléchir la lumière. 

Le sable, par exemple, réfléchit à peu près 15% des ultraviolets alors que l'eau réfléchit à 5%. Le pire étant la neige qui réfléchit à 85%. 

Reste que "sous un parasol on n'est pas protégé des UV", prévient ce spécialiste. "Il peut y avoir des réflexions du sable". Mieux vaut donc privilégier les vêtements anti-UV. Et "une excellente protection, c'est de s'emballer dans du papier Reynolds !"

Faut-il tenir compte des dates de péremption ?

Quant à savoir s'il faut racheter de la crème chaque année, la réponse n'est pas aussi simple comme on peut le voir dans ce reportage RTBF : 


Tout au long de l’été, la rédaction web de la RTBF vous raconte des histoires liées à des objets incontournables de l’été. D’où viennent-ils ? Que disent-ils de nous et de notre société ? Quels souvenirs font-ils remonter à la surface ? Le thermomètre, la tente qui se déploie en deux secondes, l’apéro, la crème solaire, les tubes de l’été qui vous ont fait danser ou encore ces émissions qui animent nos soirées télé estivales… Retrouvez tous les articles en cliquant ici.

 

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