La Corée du Nord, "un régime paranoïaque et aux abois"

Aujourd'hui, la Corée du Nord a affirmé avoir testé avec succès un missile intercontinental, ce qui serait une avancée majeure dans ses efforts pour être en mesure de menacer les Etats-Unis du feu nucléaire. Des experts américains ont de leur côté estimé que l'engin testé mardi matin, au moment où les Etats-Unis se préparent à célébrer leur fête nationale, pourrait atteindre l'Alaska.

Cet essai a entraîné une vive réaction du président américain Donald Trump qui a demandé à Pékin, principal soutien international de Pyongyang, de "mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes". Pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe: "la Corée du Nord a tiré avec force un nouveau missile balistique. Ils ignorent l'avertissement répété de la communauté internationale. Ce lancement de missiles montre donc clairement que la menace de la Corée du Nord a encore augmenté."

Le programme coréen? Une question de survie

Pour l’expert et chercheur belge au GRIP (Groupe de recherche et d’informations sur la paix et la sécurité), Bruno Hellendorff, cela n’a rien d’étonnant : "Le régime nord-coréen est un régime paranoïaque. C’est un régime aux abois qui aujourd’hui a besoin de sédimenter son discours nationaliste, revanchard et qui systématiquement remet en évidence le danger et la menace d’invasion américaine. Pour eux, ce programme nucléaire et balistique est véritablement une question de survie."  

La Chine a réagi en affirmant avoir "accompli des efforts acharnés" pour résoudre la question nucléaire nord-coréenne, et appelé "toutes les parties à la retenue". La Corée du Nord, qui a déjà réalisé cinq essais nucléaires et dispose d'un petit arsenal de bombes atomiques, affirme que sa quête d'un missile intercontinental (ICBM) est contrainte par la menace d'invasion des 28 000 soldats américains stationnés en Corée du Sud. 

Les analystes doutent de la capacité de Pyongyang à miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile et de sa maîtrise de la technologie de rentrée dans l'atmosphère nécessaire à un missile intercontinental. Mais tous les experts s'accordent sur les progrès remarquables des programmes balistique et nucléaire de l'un des états les plus isolés au monde, depuis l'arrivée de M. Kim à sa tête fin 2011.

"La provocation, c'est dans l'ADN de la Corée du Nord"

Un nouvel essai un 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, le moment n'est certainement pas choisi au hasard. "La provocation, c’est dans l’ADN de la Corée du Nord. C’est un état qui s’est fondé sa légitimité politique sur base des provocations internationales. Le Président Kim Il-Sung avait déjà pour habitude de faire jouer Moscou contre Pékin pour obtenir un maximum de rémunérations. Donc, on le voit, la provocation pour la Corée du Nord, c’est un mode d’action mais c’est aussi très rémunérateur." explique le chercheur Bruno Hellendorff. Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud se réuniront cette semaine en marge du G20 pour évoquer le dossier Nord-coréen.

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