Colère au sein de la police: plus d'un quart des agents absents à Bruxelles

Le mouvement de grogne des policiers prend de l'ampleur. A la zone Bruxelles-Ixelles, on compte 27% d'absents ce jeudi.
Le commissariat central de la rue Marché aux charbons (Amigo) a même exceptionnellement fermé ses portes la nuit dernière entre 22h et 7 h ce matin. Et vu le peu d'effectif présent, ce commissariat pourrait à nouveau devoir fermer ses portes ce jeudi soir.
Le syndicat SNPS (syndicat national du personnel de police et de sécurité) évoque 1500 policiers absents sur l'ensemble des 6 zones de police de la Région bruxelloise mais aussi de la DAS (Direction de la sécurité publique de la police fédérale). Le SNPS estime que les déclarations de Jan Jambon, ce jeudi à la Chambre, montrent une nouvelle fois le mépris du ministre de l'Intérieur pour les policiers.

Sur Facebook, un groupe "secret" rassemble plus de 20.000 membres

Les syndicats contrôlent-ils encore leur base? L'absentéisme "concerté" d'une partie des policiers furieux d'être réquisitionné est l'expression d'un ras-le-bol face aux actions traditionnelles des syndicats. Des actions jugées insuffisantes et inopérantes par une partie de leurs affiliés.

Paradoxalement les animateurs du groupe Facebook, ils étaient deux au départ, appellent pourtant les syndicats à s'unir pour peser dans les négociations avec les autorités. Car le groupe "secret" est conscient de n'avoir aucun pouvoir de négociation dans les organes représentatifs.

Reformer un vrai front commun et défendre plus spécifiquement les policiers

Manu Vervier, est l'un des deux fondateurs du groupe, pour lui la division actuelle des syndicats explique en partie la situation au sein de la police : "On demande aux syndicats d'essayer de reformer un front commun et de faire des actions rien que pour la police. Il y a quatre syndicats dont trois s'occupent des fonctionnaires fédéraux..., un seul est spécifiquement dédié 'police'.

Concernant les autres catégories de fonctionnaires fédéraux, on comprend leur inquiétude, on soutient leurs demandes mais il faut quand même reconnaître que la profession de policier c'est une profession totalement à part. C'est un métier dangereux. On a une charge psycho-sociale pas évidente. En conséquence nous n'avons pas les mêmes attentes et on estime qu'on a droit à un statut particulier pour la profession qu'on exerce."

Le succès du groupe "secret": un réel déficit de communication et de dialogue au sein des syndicats

Les organisations syndicales n'ont visiblement pas pris la mesure de l'importance de la communication horizontale. Que ce soit sur le plan opérationnel entre policiers ou au sein des organisations professionnelles, la facilité des contacts entre policiers via les smartphones permet de court-circuiter les structures lourdes et formalisées au sein des structures policières comme des syndicats.

Ces lourdeurs ont démontré leurs limites dans une série d'affaires très médiatisées. Elles ont également miné la confiance des citoyens dans leur police. Pas un hasard sans doute si le patron de la police fédérale a placé la modernisation de l'équipement du policier de base en matière de communication au sein de ses priorités dès son arrivée à la tête de la police fédérale.

Deux policiers à l'origine d'un mouvement qui s'est répandu à la vitesse d'un incendie

Tout a commencé par un appel à un rassemblement à Liège : "Nous avons attiré environ 250 collègues sur la place St-Lambert. On a initié ce mouvement parce qu'on n'est pas entendu par notre gouvernement et on ne se sent plus soutenu par nos syndicats.

Après le rassemblement à Liège on a été contacté à nouveau par des collègues en disant "faut pas lâcher les gars, faut continuer". C'est de là qu'est venu l'idée d'utiliser les réseaux sociaux et de créer le groupe mouvement rassembleur sur Facebook. Je pense qu'on va atteindre aujourd'hui les 21.000 membres."

L'objectif du groupe : diffuser l'information et rassembler

Les animateurs du groupe se défendent d'appeler les policiers à se rendre chez les médecins : "c'est une rumeur répandue totalement fausse. Le groupe a été créé pour diffuser l'information. Mais je comprends tout-à-fait la réaction des policiers. Il faut savoir que la police a le droit de grève mais si les collègues prévus à Bruxelles pour le sommet européen se mettent en grève ils sont réquisitionnés d'office donc ils utilisent ce qu'ils ont à portée de main, c'est-à-dire se rendre chez un médecin".

Le groupe Facebook est destiné aussi à rassembler: "Nous voulons aller au-delà de Liège et diffuser l'information, le ras-le-bol général de la police, le faire remonter vers le haut, c'est-à-dire nos ministres, nos autorités. Il est hors de question de continuer à toucher à notre statut. Le détricotage du statut a commencé en 2014 avec notre pension et depuis lors çà n'arrête pas!"

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