La cigarette électronique a tué Raphaël, âgé de 18 ans: "le lien est établi", affirme Maggie De Block

Il s’appelait Raphaël Pauwaert et avait tout juste 18 ans. Le 6 novembre dernier, il est décédé aux cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles. La cause de sa mort reste incertaine mais les médecins pointent du doigt la cigarette électronique et plus précisément, une huile de vapoteuse à base de CBD, un agent non-psychoactif du cannabis. Interrogée à la Chambre sur le sujet, la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block a confirmé que "le lien avec la cigarette électronique est établi". "Il n'y a chez ce patient aucune autre explication pour une pneumonie aussi grave", a-t-elle ajouté.

Il y a un peu plus d’un mois, Raphaël est admis à l’hôpital pour une détresse respiratoire. Cela fait plusieurs jours qu’il se sent très mal. Un médecin lui avait pourtant prescrit une série de médicaments pour soigner une bronchite. " A son arrivée, son taux d’oxygène dans le sang était très bas. La réaction inflammatoire s’est enclenchée et nous n’avons pas pu faire grand-chose. Ses poumons ont cessé de fonctionner et nous l’avons plongé dans un coma artificiel ", explique Luc-Marie Jacquet, le chef de service aux soins intensifs des cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles.

La suite, vous la connaissez. Raphaël Pauwaert pourrait bien être le premier décès en Belgique et plus largement en Europe causé par la cigarette électronique et l’utilisation d’un liquide à base de CBD.

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Une vitamine E incriminée

Aux Etats-Unis, des chercheurs pensent avoir trouvé la raison de la maladie pulmonaire de 2000 vapoteurs américains et ce qui a pu provoquer le décès de 39 personnes. Il s’agit de la vitamine E présente dans un liquide d’e-cigarette à base de cannabis. Le produit incriminé proviendrait du marché noir et n’est pas autorisé à la vente en Belgique selon le SPF Santé Publique. En principe, la vitamine E est inoffensive pour la santé mais une fois brûlée ou inhalée, elle peut devenir toxique pour l’organisme.

"Nous n’avons pas pu trouver de traitement spécifique pour soigner Raphaël. Il avait probablement une susceptibilité individuelle à cette substance. Nous espérons que d’autres analyses en cours nous donneront plus de détails sur les circonstances de sa mort", ajoute le médecin Luc-Marie Jacquet.

De son côté, le SPF Santé Publique rappelle qu’il est déconseillé d’acheter des liquides e-cigarette sur internet et qu’il faut éviter au maximum de fabriquer ses produits soi-même. Quant aux parents de Raphaël, il espère pouvoir au plus vite faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé avec leur fils. L’objectif, pour eux, est d’éviter que d’autres jeunes ne vivent la même chose que Raphaël.

Maggie De Block : "Il est important de dire que ce n’est pas sans danger"

La ministre de la Santé Maggie De Block a précisé à la Chambre : "C'est vrai que nous avons fait des ajustements à notre législation, mais tous ces adjuvants comme le CBD et autres sont interdits chez nous, mais finalement se retrouvent dans nos magasins. En d’autres termes, ils sont peut-être autorisés aux USA, mais chez nous la réglementation est bien plus sévère. Nous faisons les contrôles nécessaires. Il y a régulièrement des contrôles dans des magasins qui vendent des vaporettes. Certains ont été fermés, d’autres n’ont pas pu ouvrir suite au travail de nos services d’inspection".

"Je veux aussi présenter mes condoléances à cette famille, aux amis de ce jeune homme qui est décédé. Nous devons être respectueux et laisser l’enquête se faire. Et rester au courant des circonstances précises qui ont mené à ce décès. Pour nous, l’important, c’est d’empêcher de nouveaux décès, mais aussi d’être respectueux vis-à-vis de cette famille. Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais il est important de dire que ce n’est pas sans danger" a ajouté la ministre.

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