La capsule de SpaceX, avec Thomas Pesquet à bord, s'est amarrée à la Station spatiale internationale

La capsule Crew Dragon Endeavour de SpaceX s'est amarrée samedi à la station spatiale internationale, selon des images diffusées en direct par la télévision de la NASA.

La première phase (soft capture) a commencé à 09H08 GMT à 424 kilomètres au-dessus de l'océan Indien.

La deuxième étape (hard capture) a eu lieu une dizaine de minutes plus tard, avec un mécanisme verrouillant l'amarrage par une série de 12 loquets entre l’ISS et le vaisseau spatial.

"Hard Capture terminée, bienvenue à Crew-2", a déclaré l'astronaute américain Shannon Walker, actuel commandant de l'ISS.

"Merci Shannon, nous sommes heureux d'être ici, nous vous reverrons tous dans quelques minutes", a répondu le commandant d'Endeavour, l'astronaute américain Shane Kimbrough.

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La capsule de SpaceX, avec Thomas Pesquet à bord, s'est amarrée à la Station spatiale internationale © - - AFP

En plus de Thomas Pesquet pour l'agence spatiale européenne (ESA), les trois autres membres d'équipage de la mission Crew-2 sont les Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur et le Japonais Akihiko Hoshide.

Il s'agit de la troisième mission de ce type pour SpaceX depuis que les Etats-Unis ont repris les vols habités vers l'espace.

Le décollage avait eu lieu vendredi aux aurores au centre spatial Kennedy, sous les applaudissements dans la salle de contrôle de SpaceX.


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"C'est génial d'être de retour dans l'espace", a lancé Shane Kimbrough lors de l'entrée en orbite. Les astronautes, qui ont tous déjà été dans l'espace, étaient visibles grâce à une caméra embarquée dans leur vaisseau Dragon.

Le premier étage de la fusée s'est bien détaché puis posé vendredi sur une plateforme en mer.

"Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère de l'exploration spatiale", a commenté Elon Musk, fondateur de SpaceX et du groupe automobile Tesla, qui remporte avec ce décollage une nouvelle victoire pour ses entreprises.

Recycler, réutiliser

SpaceX s'est fait une place de choix auprès de la Nasa au moment où la capsule Starliner de Boeing cumule les retards dans ses vols tests.

Le succès en mai 2020 du premier vol test habité de SpaceX a brisé le monopole russe des envols vers l'ISS et redonné aux Américains la capacité d'accomplir cet exploit, après la fin du programme de navettes spatiales "Shuttle" en 2011.

Au milieu de la nuit, les quatre membres de la mission Crew-2 avaient dit au revoir à leurs proches avant de monter à bord des trois Tesla blanches, devenues une tradition, qui les ont emmenés vers l'aire de lancement.

Les plaques d'immatriculation des trois voitures disaient en anglais "recycler", "réutiliser" et "réduire" - clin d'oeil au fait que la mission réutilise des éléments qui ont déjà servi.

Le vol de vendredi a ainsi réutilisé le propulseur utilisé lors d'une mission test non habitée, une première, et le vaisseau spatial Crew Dragon est le même que celui du vol d'essai habité de mai dernier.

C'est véritablement un âge d'or

Thomas Pesquet est devenu le premier Européen à voler à bord d'une capsule Crew Dragon.

L'agence spatiale européenne a surnommé la mission "Alpha", en référence à Alpha du Centaure, le système stellaire le plus proche de notre système solaire.

"C'est véritablement un âge d'or pour nous en termes d'exploitation de la Station spatiale internationale", a expliqué à l'AFP Frank De Winne, directeur du programme de l'ISS pour l'agence spatiale européenne.

L'Allemand Matthias Maurer sera le prochain Européen à faire partie d'une mission de SpaceX cet automne, suivi par l'Italienne Samantha Cristoforetti au printemps prochain.

"Trois astronautes européens d'affilée dans l'ISS, c'est unique pour nous", a souligné Josef Aschbacher, directeur de l'agence spatiale européenne.

Pendant sa mission de six mois, l'équipe de Crew-2 sera chargée de mener une centaine d'expérimentations scientifiques, dont une sur les effets de l'apesanteur sur les organoïdes cérébraux (de mini-cerveaux créés en laboratoire).

Les scientifiques espèrent que ces recherches pourront aider les agences spatiales à se préparer aux missions qui exposeront les équipes aux difficultés de l'espace pour de longues périodes, et même à aider à combattre les maladies du cerveau sur Terre.

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