La brasserie de l'Ermitage: des bières bruxelloises entre amis

Nacim, François et Henry (en vacances ce jour-là): les fondateurs de la brasserie de l'Ermitage
4 images
Nacim, François et Henry (en vacances ce jour-là): les fondateurs de la brasserie de l'Ermitage - © Tous droits réservés

La Lanterne, la Soleil, la Théorème de l’Empereur ou encore la Noire du midi : des noms de bières que l’on croise de plus en plus souvent dans les cafés bruxellois. En quelques années, la brasserie de l’Ermitage s’est faite un nom parmi les amateurs de bière de la capitale et pourtant le pari n’était pas gagné d’avance.

L’histoire commence en 2013. Henry, François et Nacim vivent en colocation rue de l’Ermitage à Ixelles. Ils sont diplômés dans les arts-visuels ou les langues et partagent une passion : la bière. Avec une casserole, dans leur cuisine puis dans leur cave, ils commencent à brasser de la bière, tester des recettes diverses et variées. "Cela s’est fait par essais-erreurs. On a lu tout ce qu’on pouvait sur les techniques brassicoles, en se concentrant sur les bières qu’on aimait. Et petit à petit, on a développé des recettes qui nous plaisaient" explique François Simon, l’un des fondateurs de la brasserie.  

De la cave à l’installation professionnelle

Une fois les recettes arrêtées, approuvées aussi, puisque les quelques bouteilles produites partent rapidement, les amis décident de passer à la vitesse supérieure. Nacim Menu, co-fondateur se souvient : "C’était un pari très risqué. On partait de rien, pas de background professionnel, pas d’argent, c’était un combo assez peu gagnant."

Ils n’ont pas d’infrastructures alors dans un premier temps, ils font brasser leur bière dans une brasserie de Bastogne pendant un an. "Cela nous a permis de voir si c’était vraiment ce que l’on voulait faire, de tester notre bière mais aussi de préparer un plan financier, prospecter auprès des banques et voir si on avait les épaules assez solides pour lancer notre brasserie", raconte François.

Financement en poche, il leur faudra encore un peu de temps pour trouver un local, l’aménager et y installer du matériel professionnel. Quatre ans après les débuts, en 2017, la Brasserie de l’Ermitage s’installe enfin dans un entrepôt près de la gare du midi à Bruxelles. La production "maison" commence et le succès est au rendez-vous, comme l’explique François : "pour l’instant notre bière est principalement distribuée à Bruxelles. Nous avons des demandes à l’exportation mais nous préférons que ce soient les bruxellois qui consomment une bière faire chez eux plutôt qu’à Hong Kong. Ce qu’on voit c’est que les gens aiment ce que l’ont fait. Égoïstement nous faisons les bières que nous avons envie de boire. Elles sont assez légères en alcool, très expressives, avec beaucoup de houblon."

Le souci du graphisme

Autre particularité de la brasserie, les étiquettes des bières sont faites par l’artiste Krump, un ami de la bande. "Comme nous avons commencé rue de l’Ermitage, la figure de l’ermite s’est rapidement imposée. Nous avons développé tout un graphisme autour du tarot marseillais où l’on retrouve cette figure de l’ermite. Chaque bière a une étiquette particulière avec une histoire qui va avec. Pour nous c’était important que nos bières aient une belle étiquette. Même si ça aide à vendre, ce n’est pas vraiment un plan marketing. Nous sommes juste passionnés d’art visuel", explique Nacim.

Aujourd’hui, les amis l’avouent, le travail ne manque pas et ils ont souvent le nez dans le guidon. Mais lorsqu’ils regardent ce qu'ils ont accompli, ils se disent tout de même fier du chemin parcouru. D’autant que l’histoire est loin d’être terminée. En septembre, la brasserie comptera deux cuves supplémentaires et pourra ainsi augmenter sa production. De quoi peut-être vendre aussi plus de bière en Flandre et en Wallonie, ainsi qu’à l’étranger.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK