La bourgmestre de Verviers épinglée dans un rapport accablant: que contient-il ?

La bourgmestre de Verviers, Muriel Targnion, est épinglée dans un rapport de l’inspection générale de la police. Il a été rédigé après les incidents provoqués par la visite de Theo Francken dans la commune, le dix-neuf février dernier. Ses opposants l’attendaient de pied ferme, il est arrivé. Vingt-deux pages au total. Problèmes de sécurité, de communication, de planification : nous avons pu en consulter les bonnes feuilles.

Ce rapport pointe d’abord le manque d’impartialité de la bourgmestre de Verviers, Muriel Targnion : « Il est indéniable que la présence d’une personne, ayant la qualité d’autorité de police administrative (i.e. le-la bourgmestre), parmi des manifestants susceptibles de troubler l’ordre public, va à l’encontre du devoir d’impartialité et de neutralité. » Une situation qui complique donc l’action de la police puisque « la bourgmestre peut être amenée à devoir prendre ou confirmer une mesure contraignante à l’égard des manifestants qui l’entourent alors que, dans ce cas-ci, elle apparaît comme soutenir la cause ».

Les conclusions vont encore plus loin et pointent le manque de disponibilité téléphonique et physique de la bourgmestre, qui se révèle « problématique » pour les opérations.

Manque de communication

Le rapport se penche aussi sur la préparation avant la manifestation. La zone de police Vesdre (qui couvre la ville de Verviers) n’a réellement entamé la préparation du service d’ordre que le lundi dix-huit février, soit « la veille des événements », alors que la tenue de la conférence était connue dès le quatorze février. Ce n’est donc que vingt-quatre heures avant que les éléments d’informations et une analyse plus approfondie des risques ont été demandés, ainsi qu’un renfort d’autres forces de l’ordre : « La tardiveté des demandes n’est certes pas un facteur facilitateur de bonne préparation d’un service d’ordre », poursuit-il. « Une transmission plus rapide des informations disponibles entre la bourgmestre et le chef de corps aurait été un élément favorable à la préparation diligente d’un service d’ordre. »

Le rapport déplore aussi que le chef de corps ait appris « par la presse plutôt que par celle-ci » que la bourgmestre participerait à la manifestation sur son propre territoire tout en conservant sa qualité d’autorité de police administrative.

En revanche, le nombre de policiers mobilisés pour gérer la manifestation n’est pas remis en cause.

Un «grave problème d’autorité»

Pour le Ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem, le problème d’autorité est le plus grave. « Dans notre constitution, le rôle de bourgmestre est très clair. Muriel Targnion est à la tête de la police dans sa commune, et lorsque cette impartialité est mise en cause, alors on a un grave problème d’autorité. »

Y aura-t-il des sanctions? Le fédéral, qui a commandé le rapport, n’est pas compétent pour agir. Les conclusions et les recommandations du rapport de l’inspection des polices seront transférées à la Ministre des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR).

 

 

 

 

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