Vers la fin de l'interdiction pour les hommes homosexuels de donner du sang?

Maggie De Block, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, examine s'il est possible de mettre fin à l'exclusion à vie du don de sang des bi/homosexuels, et ce, sur la base de nouvelles notions scientifiques, indique la ministre dans un communiqué vendredi.

La ministre De Block ainsi que des scientifiques, établissements de transfusion, professeurs en éthique et sociologie et représentants des mouvements homosexuels ont exposé leurs constatations et points de vue sur le sujet lors d'une table ronde. La ministre espère pouvoir prendre une décision dans ce dossier d'ici la fin de l'été.

"Les progrès de la science et les longues discussions au niveau sociétal, éthique et social étaient une raison suffisante pour évaluer la réglementation existante et pour examiner s'il convient de l'adapter", explique la ministre. En outre, la Cour européenne a rendu un avis au printemps 2015, dans lequel elle déclare que l'exclusion des bi/homosexuels du don de sang peut être autorisée, mais que celle-ci doit être suffisamment fondée scientifiquement.

Actuellement, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont exclus à vie du don de sang.

"Le défi consiste à trouver un juste équilibre entre, d'un côté, un facteur de risque plus élevé de transmission de maladies infectieuses, minime mais dans les faits imprévisible, et de l'autre, la volonté de la ministre de tenir compte des citoyens souhaitant donner du sang de manière responsable pour ainsi apporter une contribution précieuse à la société", précise encore le cabinet de la ministre.

Demande des homosexuels

Les homosexuels demandent tout simplement d'arrêter de pointer du doigt un groupe en tant que tel, ici les homosexuels. Ils rappellent que ce n'est pas une question d'orientation sexuelle mais bien de pratiques, de comportements sexuels à risques. La différence est importante, explique Thierry Delaval, de l’association Arc-en-Ciel, la fédération des associations LGBT de Wallonie : "Ici on écarte tout un groupe sous prétexte que l'activité du groupe représenterait un risque plus important. Ce que nous voulons, c'est casser cela".

Pour lui, par cette interdiction, les autorités continuent donc à stigmatiser les homosexuels. Pourtant, il le dit et répète : il n'est pas question ici d'augmenter les risques de contaminations du sang. Simplement - il faut être plus précis lorsque l’on doit déterminer des profils à risques.

Il y a un an, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt où elle recommande aux États de vérifier s’il n’existe pas des méthodes moins contraignantes que l'exclusion pure et simple des homosexuels. À titre d'exemple, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont déjà modifié leur législation. Dans ces pays, les hommes peuvent donner leur sang s'ils n'ont pas eu de relations sexuelles avec d'autres hommes depuis un an. Ce qui reste - quelque part - toujours discriminatoire.

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