La Belgique n'est officiellement plus le pays où le Covid a causé le plus de morts par habitant : la Tchéquie au bord du gouffre

La Belgique n’est officiellement plus le pays où le Covid a causé le plus de morts par habitant : la Tchéquie au bord du gouffre
La Belgique n’est officiellement plus le pays où le Covid a causé le plus de morts par habitant : la Tchéquie au bord du gouffre - © Tous droits réservés

C’était une triste distinction à laquelle on avait fini par s’habituer : de mi-avril à la fin août, puis sans discontinuer depuis début novembre, la Belgique était connue dans le monde comme "le pays où l’épidémie de coronavirus a causé le plus de morts par habitant". Ce type de "classement" funèbre peut évidemment être beaucoup discuté, tous les pays n’ayant pas comptabilisé avec autant de scrupules les morts liées à la maladie.

Mais dans tous les cas, la République tchèque a désormais remplacé depuis le 1er mars la Belgique en haut de ce podium statistique, avec 1991 morts par million d’habitants depuis le début de l’épidémie, contre 1907 en Belgique, et 1833 au Royaume-Uni.


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Le plus inquiétant dans cette république de l’Est de l’Europe, c’est toutefois que les décès y sont toujours en pleine croissance, le pays n’arrivant pas à endiguer une troisième vague qui est là bien réelle et bien meurtrière.

Troisième, ou déjà quatrième vague ? Il est en effet intéressant de consulter les courbes de l’évolution de l’épidémie dans le pays :

On le voit, la république Tchèque avait été plutôt épargnée par la première vague, restant sous la barre des 500 morts au total jusqu'à la fin de l'été dans ce pays de 10,7 millions d'habitants. La république avait même été citée en exemple pour sa gestion sanitaire, ayant notamment imposé le port du masque dès le mois de mars.

Mais la situation s'était dégradée au fur et à mesure, et la Tchéquie a connu à la rentrée une augmentation exponentielle des cas entrainant une deuxième vague très similaire à la Belgique, culminant à plus de 200 morts par jour au début-novembre, avant de redescendre au cours du mois suivant.

Mais les courbes se dissocient après la période des fêtes. Il faut dire qu'en république tchèque, tous les magasins sont restés ouverts, mais surtout le nombre de convives n'a pas été restreint pour fêter Noël, au contraire de ce qui s'est passé chez nous. Résultat, les décès sont repartis à la hausse début janvier atteignant un nouveau pic de 175 morts à la mi-janvier. 

Et alors que la courbe semblait repartir à la baisse, le pays connaît depuis début février une nouvelle flambée des décès, sans doute liée aux variants. En ce début mars, la moyenne des décès y atteint ainsi à nouveau près de 200 morts par jour, et la courbe des contaminations est toujours en pleine croissance: la République tchèque compte aujourd'hui le plus haut taux de nouvelles infections de l'Union européenne, avec plus de 800 cas pour 100.000 habitants sur ces sept derniers jours.

Après avoir longtemps hésité, les autorités tchèques ont sollicité l’aide des pays étrangers pour hospitaliser certains de leurs citoyens atteints du coronavirus. L’Allemagne, la Pologne et la Suisse ont été invitées à accueillir une douzaine de patients touchés par le Covid-19, a fait savoir vendredi après-midi le ministère de la Santé tchèque.

L’Allemagne y a répondu favorablement.

Les hôpitaux tchèques sont saturés et les traitements classiques ne peuvent plus être assurés, selon le ministère de la Santé. "Nous sommes dans une situation dans laquelle nous ne voulions pas nous retrouver", a commenté le ministre de la Santé, Jan Blatny.

Un bonus de quarantaine a même été instauré afin d’inciter la population à respecter cette mesure d’isolement. Le président Milos Zeman a signé une loi vendredi stipulant que chaque employé recevra l’équivalent de 14 euros par jour s’il respecte une quarantaine imposée par les autorités. Ce subside est prévu en supplément au salaire du citoyen ou une éventuelle allocation maladie. Selon le gouvernement, bon nombre de Tchèques seraient réticents à communiquer le nom de leurs contacts de crainte que cela ne leur occasionne un quelconque préjudice financier.

Signalons qu’au niveau de la vaccination, le pays se trouve dans une situation très similaire à celle de la Belgique, avec un peu moins de 5% de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin à ce jour.

Point-presse coronavirus du 5 mars : les chiffres du jour (Y. Van Laethem)

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