La Belgique ira-t-elle dans l’espace ? Des candidats postulent à l'Agence spatiale européenne

C’est un évènement rare et attendu par bon nombre de candidats à l’espace. Cette année, plus de dix ans depuis la dernière campagne de sélection, l’ESA recrute à nouveau.

Comme on peut le voir ci-dessus, ce processus pour avoir la chance d’aller dans l’espace sera long. Entre l’ouverture des candidatures et la désignation des lauréats, 19 mois se seront écoulés.

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Depuis Frank De Winne en 2002 et 2009, plus aucun Belge n’a été dans la station spatiale internationale. Alors y aura-t-il à nouveau un Belge dans l’espace dans les années à venir ? Pas si sûr… Pourtant, lors de la dernière sélection, plusieurs de nos compatriotes s’étaient portés candidats à l’instar d’Arnaud Mahieux et Alice Michel, astrophysiciens à l’Institut royal d’aéronomie spatiale.

Ce qui me motive le plus c’est de faire avancer la science pour mieux comprendre l’environnement dans lequel on vit.

Quel enfant n’a jamais rêvé d’aller dans l’espace ? Aucun. C’est ainsi qu’il y a plus de dix ans, Arnaud Mahieux s’était présenté aux sélections de l’agence spatiale européenne.

"C’était la possibilité de postuler pour un métier incroyable. J’ai toujours rêvé de voir la Terre d’en haut. En plus cette sélection n’a pas souvent lieu. Quand on travaille dans ce domaine, c’est l’occasion de faire un métier incroyable, de faire avancer la science et d’aller dans des endroits où l’être humain n’avait jamais été auparavant."

Un métier certes passionnant, mais qui n’en reste pas moins risqué. "C’est un métier dangereux. Rien que pour y aller il y a des risques. Sur place on est en apesanteur et ce n’est pas bon pour le corps. On est soumis aux particules énergétiques du soleil et ça peut altérer la santé."

Mais pour Alice Michel qui travaille depuis 17 ans à l’institut royal d’aéronomie spatiale et qui a également été candidate à l’espace, être astronaute est plutôt sûr.

"Le Vendée globe se termine maintenant. Très peu d‘hommes ont fait le tour de la terre en voilier en solitaire. Le fait d’aller sur l’ISS et bientôt sur la lune, ça reste un métier dangereux, mais les risques sont moindres. Il y a tellement d’études qui sont faites au sol pour préserver la sécurité des astronautes que les accidents sont très très rares. Il y a eu deux accidents mortels très graves, mais les fusées aujourd’hui sont très fiables."

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Alice Michel et Arnaud Mahieux ont été candidats pour devenir astronautes. © Tous droits réservés

Malgré le danger possible de la fonction, c’est l’aventure qui excite les candidats. "Ce qui m’avait motivé, c’était de faire part de cette extraordinaire aventure qu’est l’exploration spatiale" ajoute-t-elle. "Le métier d’astronaute c’est la vitrine du programme spatial mais c’est aussi la partie plus palpitante. Le fait de décoller et de faire des entraînements partout dans le monde, faire partie de ce petit nombre d’astronautes qui sont allés dans l’espace, aller observer notre Terre, voir l’immensité derrière nous, voir la Terre de là-haut. "

Pour Arnaud Mahieux, l’important, c’est la science. "Ce qui me motive le plus c’est de faire avancer la science pour mieux comprendre l’environnement dans lequel on vit."

Les femmes dans l’espace

Si auparavant les astronautes étaient essentiellement des hommes, de plus en plus de femmes ont accès à l’espace. Shannon Walker, une Américaine est notamment en ce moment même dans la station spatiale internationale. Pour Alice Michel, cette avancée est une excellente chose.

"C’est dans l’ordre naturel des choses. C’est encourageant puisque les femmes ont autant de qualité que les hommes pour faire ce métier. Il ne faut pas nécessairement de force physique."

Mais selon elle, plusieurs qualités sont requises pour être un bon astronaute. "Il faut être patient, avoir du sang-froid, être motivé, avoir un background de scientifique. Ce sont des qualités que des femmes ont très certainement. Les femmes sont peut-être plus posées et réfléchies. Une femme a peut-être également plus l’esprit de communauté. C’est intéressant sur l’ISS où rien ne peut se faire seul et où il faut accepter de demander de l’aide au sol et aux coéquipiers."


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Les Etats-Unis ont d’ailleurs décidé que leur prochain astronaute à mettre le pied sur la lune sera une femme. "C’est un pas important et ça prouve que les femmes sont tout aussi capables que les hommes. Ce qui manque aujourd’hui, ce sont des femmes avec de la confiance en elle pour se rendre compte qu’elles peuvent apporter une vision féminine qui est complémentaire à celle d’un homme."

Mais en plus d’essayer d’attirer des femmes vers la profession, l’ESA cherche également à recruter un "parastronaute" ayant un certain degré de handicap physique.

En ce qui concerne Arnaud et Alice, ils n’avaient pas été sélectionnés il y a dix ans. Si la seconde ne compte pas déposer une nouvelle candidature, Arnaud n’a lui, pas encore pris sa décision.

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