La Belgique face à un "rebond" du coronavirus : faut-il s'inquiéter ? Deux experts répondent

La Belgique face à un "rebond" de l’épidémie de Covid-19 : faut-il s’inquiéter ? Deux experts répondent
La Belgique face à un "rebond" de l’épidémie de Covid-19 : faut-il s’inquiéter ? Deux experts répondent - © Tous droits réservés

Des nouveaux cas de contamination en augmentation, un virologue qui voit arriver une "seconde vague", un autre qui appelle au calme et parle de "vaguelette"… Où en est l’épidémie de Covid-19 dans notre pays ? Probablement quelque part entre le rivage et la haute mer.

Une chose est sûre : en l’absence de vaccin pour contrer la maladie, nos seules armes restent le port du masque, l’application des gestes barrière et le suivi de contact pour casser les chaînes de transmission de la maladie.

"On attendait une deuxième vague et puis elle n’est pas venue, tant mieux, affirme Jean-Luc Gala, chef de clinique aux Cliniques universitaires Saint-Luc, au micro de la RTBF ce samedi 18 juillet. Et maintenant, ce qu’on voit, c’est qu’avec la fin des examens et le début des vacances, le virus – qui n’a jamais arrêté de circuler – se transmet beaucoup plus facilement."

En effet, si on prend les chiffres du 8 au 14 juillet dernier, c'est bien la classe d'âge des 20-29 ans qui est en tête des nouvelles contaminations. Objectif désormais : empêcher autant que possible une transmission du virus depuis cette population vers d'autres tranches d'âge plus exposées et plus à risque. Sans oublier que, même à 20 ans, les conséquences du virus peuvent être lourdes sur le long terme.


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"Ce sont des catégories actives qui se déplacent ou qui se redéplacent et qui recommencent à avoir une vie économique et sociale", poursuit Jean-Luc Gala. Le médecin modère cependant les craintes. "Faut-il s’inquiéter réellement ? Non, tant que cette circulation du virus n’impacte pas le système hospitalier."

Il n’empêche, souligne ce spécialiste, "il faut rester attentif". Et Jean-Luc Gala d’insister sur le port du masque qu’il juge "vraiment plus qu’indispensable pour limiter dans le temps la vitesse de cette contamination".

Casser la phase exponentielle

Invité du journal télévisé de 13h, Yves Coppieters lance le même appel à la prudence. "À l’échelle du pays, on est de nouveau dans une phase exponentielle du nombre de nouveaux cas, pointe le professeur de santé publique à l’ULB. On est bien dans le premier rebond post-première vague de cette épidémie."

Dès lors, "l’idée est de casser au plus vite les chaînes de transmission et d’arrêter cette augmentation exponentielle". Avec cette inconnue : l'augmentation actuelle des cas positifs va-t-elle se traduire dans les chiffres de la mortalité et les admissions à l'hôpital d'ici deux à trois semaines ? Pour l'instant la situation est calme sur ce front, "soit parce que le virus est beaucoup moins virulent et entraîne beaucoup moins de formes graves chez les personnes les plus vulnérables, soit parce que nos aînés continuent à très bien se protéger".

D’autant que, comme au plus fort de l’épidémie, la situation n’est pas la même partout en Belgique. "Il faut avoir une analyse beaucoup plus localisée à l’échelle des provinces ou des communes, estime Yves Coppieters. Le taux de reproduction est au-dessus de 1 en Belgique. Mais si on fait l’exercice par province, il est plutôt au-dessus de 1,5 dans le nord du pays, mais en dessous de 1 dans le sud du pays."

Dans ce contexte, le professeur de l’ULB suggère d’appliquer des solutions différentes en fonction des situations. "Il faut avoir des stratégies différenciées parce que les situations locales sont très différentes." Pas question en tout cas, à ce stade, de reconfiner l’ensemble de la population comme ce fut le cas en mars dernier.


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