La Belgique est le cinquième pays d'Europe où le taux de suicide est le plus élevé

La Belgique détient la peu enviable 5e place des pays européens avec le plus haut taux de suicide. En 2016, près de 2000 personnes se sont donné la mort dans notre pays, ce qui revient à 6 personnes par jour. En ce mardi 10 septembre, journée mondiale de prévention du suicide, le centre de prévention du suicide lance une nouvelle campagne. Le mot d'ordre : "Tout le monde peut agir".

Diagnostiqué borderline, Mike s'est donné la mort à l'âge de 35 ans. Aujourd'hui, près de 10 ans plus tard, sa maman relate son histoire dans un ouvrage intitulé Sa guitare et son chat, aux éditions L'Harmattan. "Je voulais d'abord lui rendre hommage, témoigner de son parcours difficile et de mon parcours de reconstruction", explique-t-elle.

La Belgique dans le top 5

En Belgique, six personnes se suicident chaque jour, ce qui revient à six familles supplémentaires endeuillées, rappelle Betty Leruitte. Bien qu'aucun pays ne soit épargné, les chiffres sont alarmants. "Au niveau du taux standardisé européen de mortalité par suicide, on est maintenant dans le top 5. L'année dernière, nous étions sixièmes", explique Déborah Deseck, chargée de communication au Centre de Prévention du Suicide. Effectivement, notre Royaume se situe juste derrière la Lituanie, la Lettonie, la Slovénie et la Hongrie, avec un taux de mortalité par suicide de 17,11 pour 100.000 habitants.

Tout le monde peut agir

Que peut-on faire dans de telles circonstances ? S'il n'est pas toujours évident d'aborder la question avec une personne en souffrance, il est faux de croire que seul un expert en psychologie puisse entamer la réflexion. "L'un des mythes est que si l'on aborde la souffrance, on va précipiter le passage à l'acte, analyse Nicolas Miest, psychologue du Centre de Prévention du Suicide. Au contraire, il ne faut pas hésiter à aborder la personne par rapport à cette souffrance. Si cette souffrance est abordée avec bienveillance, la personne va saisir la main tendue. Mais si elle n'a pas eu l'occasion de rencontrer une personne bienveillante qui est prête à écouter cette souffrance, elle va pouvoir se déposer. Chacun peut agir. Dès le moment où l'on se sent débordé, des professionnels vont pouvoir poursuivre ce qui s'est entamé dans cette première écoute", recommande-t-il.

Betty en est persuadée : l'écoute peut sauver des vies. Toutefois, encore ne faut-il pas confondre écoute et conseil. "J'ai réalisé malheureusement trop tard que je n'avais pas été à l'écoute de mon fils, raconte-t-elle. Quand il me parlait de lui et de ses problèmes, je lui donnais un tas de conseils. Je lui conseillais de faire tout ce que j'aurais fait à sa place, mais je n'étais justement pas à sa place. Je n'avais pas son vécu. Il me l'a reproché souvent, et encore dans la dernière lettre qu'il m'a laissée", regrette-t-elle.

À la suite du drame, Betty s'est engagée dans une formation à l'écoute pour se rendre compte de ce qu'était réellement l'écoute bienveillante, sans jugement. "Je me suis rendue compte à quel point une écoute bienveillante pouvait soulager. Il est primordial de pouvoir écouter sans jugement, sans même donner de conseil. Et ça, je pense qu'on peut tous le faire", affirme-t-elle.

Rappelons que le Centre de Prévention du Suicide est joignable en permanence au 0800 32 123. Toutes les informations sont accessibles sur leur site officiel, ainsi qu'un espace d'échange et de discussion étroitement modéré.

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