Lutte contre le sexisme: beaucoup de travail reste à faire en Belgique

Alors que, pour la première fois, un homme a été condamné mardi pour sexisme dans un lieu public, le magazine Moustique se pose une question : la Belgique est-elle un pays sexiste ? L'hebdomadaire culturel a sondé 1000 personnes sur le sexisme et les résultats sont plutôt alarmants.

Plus d'un belge francophone sur deux (55%) pense que la société est dominée par les hommes. Un francophone sur cinq a déjà été victime d’un acte sexiste. Pour être plus précis, sur les 1000 personnes interrogées dans ce sondage, 503 sont des femmes et sur ces 503 femmes, plus d'une femme sur trois déclarent avoir déjà été victime d'acte sexiste. En ce qui concerne la jeune génération (20-34 ans), près de la moitié pointe le sexisme du doigt.

Harcèlement au travail, numéro 1

Ceci étant, il semblerait que le sexisme soit plus souvent dénoncé à Bruxelles et dans le Brabant wallon que dans le reste de la Wallonie. Aussi, le harcèlement de rue dans les espaces publics est souvent mis sous le feu des projecteurs, mais est-il pour autant le lieu où le sexisme se constate le plus ? Pas forcément. Il arrive en fait en deuxième position d'après les personnes sondées. Devant lui, le harcèlement au travail.

Un chiffre frappant pour s'en rendre compte, en 2018 : 50% des sondés estiment problématique d'annoncer une grossesse sur son lieu de travail.

Éducation

En ce qui concerne l'éducation des enfants, trois francophones sur quatre pensent qu'il faudrait éduquer les enfants sans différences de genre. Enfin, un francophone sur deux pense que ce sont la loi, les parents et enfin l'école qui doivent prendre en charge la lutte contre le sexisme.

Plébiscite pour la libération de parole

Le sondage de Moustique montre aussi que les hastags #metoo ou #balancetonporc qui symbolisent la libération de parole des femmes sont vus de manière très positive par les Belges francophones. Près de 8 sondés sur 10 applaudissent ce mouvement. Un véritable plébiscite quand on compare avec des pays comme les États-Unis ou la France où cette libération de parole a vraiment fait débat. On se souvient notamment de la tribune de Catherine Deneuve qui défendait "une liberté d'importuner".

Encore du chemin à faire

Si on regarde la répartition des fameuses tâches ménagères, les avis divergent énormément d'un genre à l'autre. La répartition est totalement déséquilibrée pour 3 femmes sur 10, alors que 7 hommes sur 10 estiment qu'elle est tout à fait équilibrée.

Et puis un francophone sur quatre interrogés estime encore qu'une femme habillée sexy provoque les comportements sexistes.

A noter qu'au classement de l'égalité entre les sexes, la Belgique se classe au 31ème rang mondial.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK