La banquise d'été du pôle Nord disparaîtra complètement avant 2059, la baisse du CO2 à cause du Coronavirus n'y changera rien

La glace de mer du Pôle Nord fond disparaîtra complètement l'été avant 2059, la baisse du CO2 à cause du Coronavirus n'y changera rien
La glace de mer du Pôle Nord fond disparaîtra complètement l'été avant 2059, la baisse du CO2 à cause du Coronavirus n'y changera rien - © Tous droits réservés

De la glace en Arctique l’été, ce sera bientôt une image du passé, en tout cas d’ici 2050, elle pourrait tout simplement disparaître à la belle saison. C’est une étude très sérieuse publiée dans le journal scientifique "Geophysical Research Letters" qui a été menée par 21 instituts de recherche du monde entier, dont le Centre de recherches sur la Terre et le climat Georges Lemaître de l’UCLouvain.

40 scénarios d’évolution du climat pour évaluer la fonte de la banquise

Ces équipes de chercheurs ont ainsi testé 40 scénarios d’évolution du climat, en fonction de l'’augmentation des émissions de CO2 et des températures. Les résultats les ont surpris. "On a la quasi-certitude maintenant qu’avant 2050, on assistera, en arctique, a un été libre de glace, c’est-à-dire à un été où la superficie de la banquise, cette couche de glace qui flotte sur l’océan, sera nulle. C’est-à-dire un océan où l’on aura plus de glace et rien que de l’eau." explique François Massonnet, chercheur qualifié FNRS à l’UCLouvain.

Un été sur 10 sans glace si on reste sous les +2°C, un été sur 100 si +1,5°C

"Il y a 10 ans à peine, quand j’entamais mes travaux de recherche, il y avait encore une petite fenêtre d’espoir que ce scénario du pire n’arriverait pas, si on s’en tenait au 2°C maximum de réchauffement climatique. Or, même en restant sous ces 2°, on aura au moins une fois avant 2050 un été sans glace. La fréquence de ce phénomène dépendra de la quantité de CO2 que l’on rejettera dans l’atmosphère.

Si on laisse les gaz à effet de serre augmenter comme maintenant, ces événements vont devenir la norme. Pour avoir une idée, si on reste sous les 2°C, un été sur 10 restera sans glace, si on arrivait à limiter le réchauffement sous 1,5°C, ce ne serait qu’un été sur 100, soit 10 fois moins."

L’humain joue un rôle actif sur l’apparition de ces épisodes.

Une chose semble sûre, selon le scientifique. Cela aura des conséquences géopolitiques, économiques et surtout environnementales majeures. La glace empêchait le passage des bateaux de l’atlantique vers le pacifique, elle protégeait les rivages russes, américains et canadiens de l’accès possible par bateau.


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Mais cette absence de glace l’été aura surtout des répercussions sur toutes ces espèces qui ont besoin de la banquise pour pouvoir chasser, se déplacer. On pense aux emblématiques ours polaires. On pense peut-être moins au zooplancton, dépendant aussi de cette banquise et qui est à la base de toute la chaîne alimentaire, en aval. La couverture de glace garde aussi l’Arctique relativement froid en réfléchissant la lumière du soleil.

Et la baisse du CO2 momentané pour cause de Coronavirus n’y changera rien

Alors la réduction d’émissions de gaz à effet de serre actuelle liée à la crise sanitaire, aura-t-elle un effet ? "Non. C’est une anecdote dans l’histoire, tant la dose en moins est homéopathique. Si on extrapole cette baisse mondiale pour cause de Coronavirus, à l’année entière, on arriverait à une réduction de nos émissions de CO2, de 4 à 5%. Mais si l’activité humaine reprend de plus belle, en août ou en septembre, tout l’effet bénéfique pour le climat des 6 premiers mois sera annulé. Si nous voulons contenir le réchauffement planétaire sous les 2°C, nous devrions réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 2 à 3% chaque année. Il faudrait presque une crise sanitaire comme celle-ci chaque année pour y arriver", ironise François Massonnet.


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Pour moment, le pôle Nord est couvert de glace de mer toute l’année. Chaque été, la superficie de la couverture de glace de mer diminue et, en hiver, elle croît à nouveau. Mais la superficie totale de glace se réduit comme peau de chagrin l’été, ces dernières décennies.

Journal télévisé du 13/02/2020