La peste noire de 1348 a véhiculé la bactérie pestis yersinia

Vue d'une bactérie causant la peste bubonique, responsable de la mort de 30% de la population européenne au Moyen Age
Vue d'une bactérie causant la peste bubonique, responsable de la mort de 30% de la population européenne au Moyen Age - © AFP

Des analyses génétiques de squelettes provenant d'un cimetière de Londres révèlent la présence de la bactérie Yersinia pestis dont une variante très virulente qui a tué 30% de la population européenne au Moyen Age est probablement éteinte, selon une étude publiée lundi.

Jusqu'alors la responsabilité de cette bactérie qui subsiste aujourd'hui mais est beaucoup moins agressive (une épidémie n'a tué que 3% des personnes infectée à Bombay en Inde en 1904 et ce avant les antibiotiques) n'était pas certaine.

Les résultats des analyses génétiques faites précédemment sur des os de victimes de la grande peste de 1348 à 1353 n'avaient pas été retenues car les échantillons d'ossements étaient soupçonnées d'avoir été contaminés par de l'ADN moderne ou de bactéries vivant dans le sol.

Cette équipe internationale de recherche a pu pour la première fois reconstituer une partie de la composition génétique de la bactérie qui compte un seul chromosome contenant la plupart de ses gènes ainsi que trois petits cercles d'ADN appelés plasmide. Il s'agit d'une molécule d'ADN surnuméraire distincte de l'ADN chromosomique et capable de réplication autonome et qui n'est pas essentielle à la survie de la cellule.

Ces chercheurs ont séquencé l'ADN de ce plasmide provenant des os du cimetière londonien des victimes de la peste noire et qui s'est avéré être identique à ceux des Yersinia pestis d'aujourd'hui.

"Ceci indique qu'au moins cette partie de l'information génétique du microbe a peu changé au cours des 600 dernières années", relève Johannes Krause de l'Université Tübingen en Allemagne et un des principaux co-auteurs de cette étude publiée dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS) datée du 29 août au 2 septembre.

Hendrik Poinar de l'Université McMaster au Canada est l'autre co-auteur principal de ces travaux.

Ainsi cette recherche "révèle que la peste noire en Europe au Moyen Age a probablement été provoquée par une variante de Yersinia pestis qui pourrait ne plus exister", écrivent ces chercheurs.

Ils ont analysé génétiquement les restes de plus de cent victimes de la peste noire entre 1348 et 1350 qui ont été enterrés au cimetière de East Smithfield à Londres.

La peste qui affecte aussi bien les animaux que les hommes est principalement véhiculée par les rats qui la transmettent à l'homme par le biais de puces infectées.

AFP
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