L'université de Gand a piégé ses étudiants avec une expérience inhabituelle

L'université de Gand a piégé ses étudiants avec une expérience inhabituelle
L'université de Gand a piégé ses étudiants avec une expérience inhabituelle - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les étudiants de l’université de Gand ont été les victimes d’une expérience sociale. Lors de trois cours différents, des professeurs ont affirmé des théories douteuses, voire complètement fausses dans un grand auditoire. L'objectif était de tester leur esprit critique.

Cette expérience a été menée auprès d'étudiants en bachelier et en master de psychologie, économie et sciences des communications. Trois thèmes ont été abordés. D'abord, la théorie de Darwin. Le professeur affirmait que tout n'était pas forcément exact dans la théorie de l'évolution. Ensuite, la place de la technologie. Le professeur disait alors que les étudiants étaient devenus les esclaves de leur smartphone. Et finalement, l'esprit d'entreprendre. Mirjam Knockaert, professeur d'entreprenariat, affirmait de manière très péremptoire que les étudiants n'étaient pas créatifs, n'avaient pas d'idées et étaient incapables de mener à bien un projet d'entreprise.

Peu de réactions chez les étudiants

"On voyait sur leur visage qu'ils n'étaient pas d'accord, qu'ils se demandaient pourquoi je disais ça, mais ils n'osaient pas réagir" se rappelle Mirjam Knockaert. La professeure s'attendaient à ce que ses étudiants réagissent plus rapidement. "J'ai dû insister, leur demander s'ils étaient d'accord avec ce que j'avais dit, ça a pris un certain temps" s'étonne-t-elle.

Avant de collaborer à cette expérience, la professeure a beaucoup hésité. Elle estime que son rôle est de pousser les étudiants à motiver leurs idées, étayer leurs thèses, à ne se baser que sur les faits. Avec cette expérience, elle a dû aller à contre-courant de ses principes. "Ce n'était vraiment pas facile, j'y ai pensé toute la nuit avant de dire oui. Au final, le but, c'était de mener une expérience" explique Mirjam Knockaert.  

Beaucoup d'obstacles à franchir

De son côté, le recteur de l'université de Gand, Rik Van de Walle, n'est pas surpris par les résultats de cette expérience. Pour lui, il y a principalement trois obstacles à franchir dans ce type de situation. Le premier, c’est de mettre en doute ce que le professeur dit. Le deuxième, c’est d’oser le dire au professeur. Et, finalement, le troisième obstacle, c’est d’oser affirmer son désaccrod dans un auditoire.  

Rik Van de Walle ajoute : "il y avait beaucoup d'étudiants de première année, ils ne se connaissent pas encore très bien". Cela rend l'exercice encore plus difficile selon lui.

Avec cette expérience, l’université de Gand veut rappeler à ses étudiants qu’ils sont là pour oser penser, pour utiliser leur esprit critique et mettre en doute des informations qui leur paraîtraient fausses. Un rappel utile à l'heure des fake news.

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