L'UCLouvain teste un logiciel d'appui à la correction

Un logiciel d'appui à la correction d'examen testé à l'UCLouvain
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Un logiciel d'appui à la correction d'examen testé à l'UCLouvain - © Tous droits réservés

L’Université catholique de Louvain a acquis pour un an un logiciel d’appui à la correction, bien utile en cette période d’examens. Gradescope a été développé au sein de l’Université de Californie à Berkeley. Il permet aux enseignants de gagner en temps et en qualité de correction. C’est la technologie qui se met ici au service de la pédagogie.

Depuis 5 ans, l’UCLouvain développe son projet d’Université numérique. Dans ce cadre, elle a décidé d’investir pour un an dans une licence du logiciel Gradescope. Depuis janvier, tous les professeurs qui le souhaitent peuvent utiliser ce logiciel d’appui à la correction. Le principe est simple. Toutes les copies sont numérisées et accessibles sur ordinateur.

Via le logiciel, les professeurs encodent des critères objectifs de correction, correspondant à des notations. En fonction des réponses de l’étudiant, ils sélectionnent les critères correspondants. Le logiciel calcul alors les points de l’étudiant. De la première à la dernière copie corrigée, les critères ne changent pas. Ce qui garantit plus d’équité aux étudiants.

Plus de dialogue avec les étudiants

Olivier Pereira est professeur de cryptographie. Il déclare avoir gagné en temps mais surtout en qualité de correction grâce au logiciel."Ça permet de gagner énormément de temps en logistique, de communiquer des corrections plus riches avec plus de commentaires pour que l’étudiant comprenne d’où proviennent ses erreurs et pourquoi il a perdu des points". 

Les professeurs peuvent laisser facilement des commentaires et permettre aux étudiants d’avoir accès à la correction effectuée et à la notation. Si ceux-ci ne sont pas d’accord, ils peuvent à leur tour laisser un commentaire au professeur. "Le dialogue est facilité", confirme le professeur. "Le logiciel permet de résoudre énormément de questions très vite et puis, de déterminer quand il faut se voir en personne."

Autre avantage de Gradescope, les professeurs peuvent corriger question par question et non plus forcément copie par copie. Ils peuvent également modifier les critères de correction en cours de processus, s’ils estiment avoir été trop sévères en termes de notation. "Est-ce que tel critère vaut 1 point ou 1,5 point?" explique Olivier Pereira.

"C’est quelque chose qui pourrait s’ajuster en cours de correction. Quand j’ai corrigé une centaine de copies, je peux éventuellement me dire, sur base du ressenti, que pour tel critère je peux retirer 0,5 point au lieu d’1 point. Gradescope va faire automatiquement l’adaptation pour les centaines de copie qui ont déjà été corrigées. Avant, avec le papier, cela aurait pris énormément de temps de devoir repasser sur toutes les copies. J’aurais réfléchi à deux fois avant de le faire".

Favoriser le travail d’équipe

Toutes les copies étant numérisées et centralisées dans le programme. Les professeurs peuvent se répartir la tâche et travailler simultanément. Plus besoin de devoir se passer les copies – avec risque de perte – ni de créer ensuite des fichiers Excel pour répertorier toutes les notes des étudiants – avec risque d’erreurs. Le logiciel décharge les professeurs de toute la partie administrative du processus de correction, relativement laborieuse.

C’est la pédagogie qui en ressort grandie pour Christine Jacqumot, conseillère pédagogique au sein du Louvain Learning Lab. "C’est plus de temps pour l’enseignant. Du temps qu’il peut consacrer à ses étudiants, à la préparation de ses cours, à son travail de prof finalement".

La conseillère pédagogique, qui est également chargée de cours invitée à l’UCLouvain, constate que le logiciel peut inciter les professeurs à créer des examens vraiment adaptés à la matière donnée. 

"Il y avait une tendance à prendre des QCM parce que la correction est plus simple. Seulement, c’était un seul type de question pas forcément adapté à toutes les compétences. Maintenant, je peux choisir les types de questions que je vais prendre. Si les QCM sont adaptés, je les garde pour certaines questions mais je peux aussi combiner avec des schémas, des questions ouvertes. Le logiciel facilite la correction de tout type de questions."

Gradescope offre également des statistiques sur base des résultats des étudiants. Si le professeur constate qu’une compétence n’a pas du tout été acquise, il peut ainsi adapter son cours l’année suivante.

Un an de test, et après ?

Le logiciel d’appui à la correction Gradescope a été créé par des assistants de l’université de Californie à Berkeley. Aujourd’hui commercialisé, il est utilisé par quelque 500 universités aux Etats-Unis. L’UCLouvain est la seule université européenne à avoir acquis une licence. Depuis janvier, 50 professeurs utilisent déjà le logiciel et 10.000 copies ont été corrigées via celui-ci. 

"L’UCLouvain tire un premier bilan positif", explique Yves Deville, conseiller du recteur à l’Université numérique. "Nous allons analyser plus en détail après la session de septembre mais nous souhaitons poursuivre l’expérience car c’est vraiment un logiciel extraordinaire qui permet de tourner l’université vers le futur".

Evidemment, la licence d’un tel logiciel n’est pas gratuite. Le conseiller au recteur n’a pas souhaité nous communiquer de chiffres précis. "Il faudra négocier ! Bien entendu un logiciel comme celui-là a un coût qui est assez significatif mais il faut aussi analyser les avantages. Le temps qui va être gagné par les enseignants en termes de correction va être important. Et le temps d’un professeur coûte aussi ! Mais maintenant, il va pouvoir être réutilisé soit pour préparer leurs cours, soit pour communiquer avec les étudiants, soit pour l’activité de recherche qui est extrêmement importante pour l’université.

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