L'UCL crée une nouvelle unité de fécondation in vitro. Ses enjeux et ses objectifs

Depuis quelques années de nombreuses études mettent en évidence une baisse significative de la fertilité, tant masculine que féminine au niveau mondial. Dans ce contexte, les centres de procréation assistée jouent un rôle majeur pour venir en aide aux couples infertiles. L’ouverture de la nouvelle unité de Saint-Luc veut fournir des soins de haute qualité aux patients et traiter l’infertilité tant féminine que masculine.

Le premier "bébé éprouvette" est né en Grande-Bretagne, en juillet 1978. Elle s’appelle Louise Brown. Elle a été conçue par Fécondation In Vitro (FIV). Depuis 40 ans, plus de 8 millions d’enfants dans le monde sont nés par fécondation in vitro. La FIV consiste à recréer en laboratoire, dans "un tube" ce qui se passe normalement au moment de la fécondation dans les trompes de la femme, c’est-à-dire un contact entre un ovocyte et un spermatozoïde.

Qu’est-ce qui différencie la FIV de l’insémination artificielle ?

La FIV consiste à mettre en contact les ovocytes et les spermatozoïdes hors du corps de la future mère pour provoquer leur rencontre. Toutes les étapes de la fécondation se déroulent en laboratoire. Lorsque des embryons sont obtenus, ils sont transplantés au moment opportun dans l’utérus de la patiente. À l’inverse, l’insémination artificielle (IA) revient à injecter un échantillon de sperme (du conjoint ou d’un donneur) dans le corps de la patiente, c’est-à-dire de façon naturelle, à l’intérieur de l’utérus.

Comment ça fonctionne ?

La fécondation in vitro classique consiste à entourer les ovocytes de spermatozoïdes et à laisser la fécondation s’opérer sans autre forme d’intervention.

Alors que la fécondation in vitro avec ICSI vise à introduire un spermatozoïde directement au cœur de chaque ovocyte. C’est l’option privilégiée lorsqu’on est en présence de spermatozoïdes lents ou présentant un défaut de morphologie les empêchant de parvenir naturellement jusqu’à l’intérieur de l’ovocyte.

Quels sont les différents types de fécondation in vitro ?

Ils varient, selon l’origine de l’infertilité des patients. La FIV avec le sperme du conjoint est indiquée, notamment, dans le cas d’une endométriose ou d’une malformation des trompes de la conjointe.

La FIV avec le sperme d’un donneur est une solution pour accompagner les femmes célibataires et les couples de lesbiennes vers la maternité.

La FIV avec une donneuse anonyme d’ovocytes est préconisée lorsque les autres traitements n’ont pas fonctionné ou suite à des cas d’avortements en série ou d’une mauvaise qualité d’ovocytes de la mère.

Saint-Luc, centre pilote pour préserver la fertilité des enfants traités pour cancer

Peu de centres étendent la préservation de la fertilité aux enfants qui s’apprêtent à subir des traitements gonadotoxiques. C’est le cas de Saint-Luc qui réalise des prélèvements de fragment de testicule ou d’ovaire chez les enfants pré-pubères. Cette option est proposée systématiquement à tout enfant devant être traité pour un cancer ou d’autres maladies non cancéreuses dont la prise en charge risque aussi d’altérer les gonades. Lorsque le patient est en rémission, le tissu cryopréservé pourra être décongelé et, théoriquement, utilisé afin de restaurer la fertilité.

Il faut savoir qu’il n’y a pas de production de spermatozoïdes avant la puberté, seules des cellules-souches du testicule sont préservées après biopsie testiculaire réalisée en salle opératoire puis congelées selon un protocole spécifique.

Actuellement, il n’existe pas encore de technique pour utiliser le tissu testiculaire pré-pubère humain.

Tout pour répondre au bien-être des patients

L’environnement de la nouvelle Unité de FIV de Saint- Luc met avant tout l’accent sur le bien-être. Un bien-être qui répond au stress souvent rencontré durant les traitements chez les couples en demande d’enfant. Certains ont en effet déjà un long parcours derrière eux avec plusieurs tentatives et échecs. Par ailleurs, en tant que centre expert en reproduction féminine et masculine, l’Unité de PMA de Saint-Luc prend en charge des cas souvent complexes.

L’environnement de l’unité a dès lors été pensé pour répondre à ce stress. Cela se traduit par des espaces aérés, des couleurs adaptées, un éclairage tamisé, l’utilisation de musique pour certaines interventions. Les salles de don de sperme présentent notamment des thèmes variés afin de répondre au profil des patients (adultes en vue d’une PMA ou adolescents en vue d’une préservation de la fertilité).

Outre l’environnement, toute la prise en charge est orientée vers le bien-être. Cela se traduit notamment par la formation de l’équipe médicale et soignante à la communication thérapeutique, à l’hypnose. Comme le souligne Céline Pirard du service de gynécologie et andrologie : "L’hypnose a plein d’avantages en médecine. Cela permet d’éviter le recours à trop de médicaments et de faire des suggestions pendant l’intervention et de faire en sorte que même après la séance d’hypnose, les patients continuent à avoir un ressenti positif."

L’unité PMA de Saint-Luc utilise également la réalité virtuelle pour la détente des patientes.

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