L'ONU critique les boîtes à bébés, "violation des droits de l'enfant"

Selon l'ONU, un enfant doit pouvoir savoir qui sont ses parents
Selon l'ONU, un enfant doit pouvoir savoir qui sont ses parents - © BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Les boites à bébé se multiplient en Europe. Et l'ONU estime que c'est une violation des droits de l'enfant. C'est l'anonymat de la démarche qui est pointé.

Les boîtes à bébé, ce sont ces compartiments où des mamans en déroute peuvent abandonner, anonymement, leur nourrisson. Ces boîtes semblent proliférer ces dernières années. Les premières ont été installées, en Hongrie en 1996, puis en l'an 2000, en Allemagne, qui en compte aujourd'hui 80.

En Belgique, il y en a une depuis l'an 2000, à Anvers. Elle a été utilisée 3 fois en 2005, 2007 et 2009. Plusieurs centaines d'enfants auraient ainsi été abandonnés depuis 12 ans, en Europe...

La tour d'abandon (c'était son nom à l'époque) serait apparue au 12ème siècle, pour diminuer le nombre d'infanticides... 

Du milieu du 19ème siècle à la fin du 20ème, on n'en trouve plus trace... jusqu'à la fin des années 90 où le principe réapparaît sous la forme d'une boîte à bébé : un landau, à l'abri, où une maman peut abandonner son enfant.

Katrin Beyer, de l'asbl anversoise qui a installé la seule boîte à bébé de Belgique, justifie cette démarche : "On doit se rendre compte que la boite à bébés est le dernier recours. A ce moment-là, c’est le choix entre le sac poubelle et la boite. On nous dit toujours qu’il y a assez de services qui s’occupent de mamans en détresse, le gros problème c’est qu’il n’y a pas de service anonyme".

La principale qualité de cette boîte serait donc l'anonymat qu'elle offre aux mamans.

Mais l'anonymat, c'est la principale atteinte aux droits de l'enfant, selon Maria Herczog, de l'ONU. Un enfant doit pouvoir retrouver ses parents.

Par contre, Maria Herczog n'est pas opposée à l'accouchement sous X. "La naissance anonyme est une bonne idée à conditions que vous donniez vos coordonnées et qu’elles restent confidentielles".

Confidentielles, sauf pour l'enfant, s'il le demande, plus tard...

Mais avant tout, l'ONU préconise d'avantage de prévention et d'encadrement des femmes en détresse pour qu'elles ne ressentent pas le besoin d'avoir recours à une boîte à bébé.

Odile Leherte

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