L'OCDE prévoit des millions de décès si rien n'est fait pour mieux lutter contre la résistance aux antibiotiques

Les bactéries ont développé des stratégies afin de se défendre face aux antibiotiques.
Les bactéries ont développé des stratégies afin de se défendre face aux antibiotiques. - © CC0

L'OCDE vient de sortir un rapport alarmant sur la résistance antibiotique, estimant que près de 2.4 millions de personnes pourraient mourir en Europe, Amérique du Nord et Australie si l'on ne "redouble pas d'efforts pour enrayer l'antibiorésistance".

L'antibiorésistance, c'est le fait qu'une bactérie pathogène (responsable d'une maladie) résiste à un antibiotique, à cause de son usage excessif. En effet, les bactéries présentent naturellement une capacité d'évolution très rapide (par rapport à nous, pauvres hominidés),  grâce à différents moyens de modifier leur ADN. Cette capacité leur permet donc de développer des stratégies de lutte contre les antibiotiques, afin d'y résister. Et plus l'être humain consommera d'antibiotique, plus ces résistances se développeront vite. Parmi les personnes les plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées. Les hommes sont également plus susceptibles de contracter une infection résistante.

Le phénomène est connu depuis longtemps, mais difficile à enrayer. Dans le rapport de l'OCDE, les chiffres d'antibiorésistances montrent une grande disparité entre les différents pays. En Inde, le pourcentage de résistance à huit grands antibiotiques atteint les 57%, alors qu'en Islande, il atteint à peine les 3.5%. En Europe, ce sont les pays du sud et de l'est les plus mal lotis : beaucoup d'entre eux sont au-delà de la européenne, établie à est à 17.8%.

33.000 morts en Europe en 2015

Une étude récente publiée dans The Lancet, et repérée par le Courrier International, avance le chiffre de 33.000 morts en Europe pour 2015 à cause de la résistance aux antibiotiques. Mais, l'OCDE n'est pour autant pas pessimiste, car elle estime que trois décès sur quatre pourrait être évités " à l’aide de mesures simples, telles que des incitations à se laver les mains et un emploi plus raisonné des antibiotiques", ce qui ne coûterait que 2 dollars par personne, et par an. Un effort qui sera bien évidemment bien plus important dans les pays moins développés, qui risquent de voir croître le taux de résistance de manière bien plus importante que dans les pays de l'OCDE.

Archive : JT 04/09/2018

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