Le PEMS, un laboratoire ambulant pour mesurer la pollution automobile en temps réel

Le PEMS; un laboratoire ambulant pour mesurer vraiment la pollution automobile
Le PEMS; un laboratoire ambulant pour mesurer vraiment la pollution automobile - © TVN

Mesurer les émissions polluantes des voitures en temps réel et dans les vraies conditions de circulation, c’est désormais possible grâce au PEMS (Portable emissions measurement system). Un laboratoire ambulant piloté par l’ISSEP, l’Institut Scientifique de Service Public de Colfontaine, qui a reçu une mission de la Région Wallonne : vérifier si les constructeurs respectent bien les normes d’émissions aujourd’hui en vigueur. Un outil unique en Belgique.

Un laboratoire portable

C’est un véritable laboratoire portable. Il s’ajuste sur l’attache remorque de n’importe quel véhicule et se branche directement sur le pot d’échappement. La production de NOX, de CO2 et de particules fines est analysée en temps réel, tout comme les variations provoquées par la manière de conduire du chauffeur. Ce qui donne des informations beaucoup plus fiables que celles qui étaient réalisées en laboratoire et qui servaient de références aux constructeurs pour obtenir l’homologation de leurs véhicules.

Le Dieselgate a montré qu’il y avait parfois de très grands écarts entre ce qu’annonçaient les constructeurs et la réalité des émissions polluantes dans la circulation. Désormais, grâce au PEMS, plus moyen de tricher sur les émissions. Et pour être encore plus proche de la réalité de terrain, les contrôles viseront en priorité les véhicules qui ont moins de 5 ans et qui auront parcouru entre 15.000 et 100.000 km.

C’est le constructeur qui est visé

« Toutes les données sont transmises au constructeur, mais aussi à la région wallonne et à l’Union européenne, qui impose un système de pénalité en cas de problème : 15.000 euros par véhicule en infraction et l’obligation de faire contrôler 3 autres véhicules du même type. Et si le problème persiste, le constructeur pourrait se voir contraint de rappeler beaucoup plus de véhicules au garage pour les mettre en conformité. Et cela pourrait leur coûter rapidement très cher », explique Benjamin Bergmans, responsable du PEMS à l’ISSEP.

Bénédicte Hendrichs, directrice générale de l’Issep, est d’autant plus heureuse puisque, à côté de ce labo ambulant, elle a reçu une autre bonne nouvelle.

« Un laboratoire plus performant encore sera construit dans les deux ans sur le site de Colfontaine. Un investissement de 5 millions d’euros et la création de 3 équivalents temps plein supplémentaire. Il va comprendre un tapis roulant pour les véhicules, une soufflerie et une salle où on pourra recréer les variations climatiques, de moins 10 degrés à plus 40 degrés. Des pentes, des sols irréguliers, etc. Tout cela pour recréer les conditions réelles de circulation des véhicules dans tous les états de l’Union européenne. »

Un outil que nous envie déjà la Flandre et même les pays voisins qui ont déjà pris contact pour des collaborations éventuelles. Un outil a la mesure du défi : empêcher un nouveau Dieselgate et contribuer très concrètement à la diminution de la pollution automobile.

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