L’intérêt d’un mini-confinement ? "Ressortir avec une plus grande population vaccinée et un taux de transmission bien plus bas", explique Marius Gilbert

Lors du dernier comité de concertation extraordinaire de ce 19 mars, organisé suite à la mauvaise évolution des chiffres d’hospitalisations et de contaminations en Belgique, l’idée d’un mini-confinement a été évoquée, puis rapidement mise de côté. A la place, cette décision de concentrer les efforts sur les écoles. Une décision qui irrite le secteur de l’enseignement, où beaucoup de mesures sont déjà mises en place, et qui est au final terriblement politique : cibler les écoles, pour éviter de devoir toucher à l’économie, comme l’expliquait notre journaliste politique Himad Messoudi sur le plateau du JT.

L’épidémiologiste Marius Gilbert, invité à ce même JT, estime que les écoles sont en effet une "cible facile". "C’est une composante où l’on sait qu’il y a de la transmission", aux côtés des deux autres grandes composantes, la sphère privée et les entreprises. "Mais on pourrait se poser la question de l’intérêt de fermer les 70% d’écoles où il n’y a pas de transmission." Renforcer les dispositions au sein des écoles, oui, "mais se tourner uniquement vers l’école, ça semble un petit peu facile." Et de rappeler l’impact sur la santé mentale en cas de fermeture des écoles, tant pour les enfants et adolescents que pour les adultes.

Un mini-confinement pourrait-il être alors une solution ? Marius Gilbert explique l’intérêt que pourrait avoir un confinement limité dans le temps (et à la durée bien déterminée) en cas d’évolution très défavorable de l’épidémie.

"Pour le moment, l’évolution de la transmission suit assez bien les modèles mathématiques. Mais il n’est pas impossible qu’il y ait un décrochage, et si on a un décrochage vers le haut, on peut effectivement passer par une période fixe, où pendant trois semaines on mobilise l’ensemble des secteurs : on ferme les écoles, on referme toute une série de choses. Mais on le fait durant une période bien déterminée, de sorte à freiner la transmission, à maximiser la vaccination et ressortir, à l’issue des vacances de Pâques, avec une plus grande population vaccinée et un niveau de transmission beaucoup plus bas. Et avoir une fin d’année académique beaucoup plus sereine."  Mais, la situation est loin d'être la même que lors du confinement d'il y a un an, où la population découvrait la vie en temps d'épidémie. La fatigue, l'angoisse et la colère se sont installées dans la population belge, l'incertitude autour de l'adhésion à un nouveau confinement, même court, est donc bien réelle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK