L'inquiétante hausse des émissions de méthane, agent du réchauffement climatique

Représentation tridimensionnelle de l'effet du méthane sur le réchauffement climatique
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Représentation tridimensionnelle de l'effet du méthane sur le réchauffement climatique - © AFP PHOTO /NASA/SCIENTIFIC VISUALIZATION STUDIO/HANDOUT

Le méthane est un gaz à effet de serre qui contribue de manière très importante au réchauffement climatique. Selon une étude récente de Global Carbon Project, les émissions de méthane progressent dans toutes les régions du monde, sauf en Europe. Au niveau mondial, entre 2006 et 2017, la production globale de méthane a augmenté de 9%. Afin de mieux comprendre, voici les réponses à quatre questions.

1 Qu'est-ce que le méthane et où le trouve-t-on?

Le méthane est un gaz combustible à fort potentiel. Sa formule chimique est CH4 et il est très présent dans la nature : c'est le "gaz naturel" qui alimente nos chaudières pour le chauffage central ou nos cuisinières à gaz. Dans le milieu naturel, il est le résultat de la fermentation de matières organiques (végétales et/ou animales) en l'absence d'oxygène. Du méthane est émis dans les zones humides pauvres en oxygènes, telles que les tourbières ou les marais. Des quantités importantes de méthane s'échappent des fonds marins. La fonte des glaces du permafrost des zones arctiques produit ou libère de grosses quantités de méthane.

Le méthane est le principal composant du grisou, ce gaz responsable de nombreuses catastrophes dans les mines de charbon.

Du méthane est produit dans l'appareil digestif de plusieurs animaux, par exemple dans l'estomac de la vache. Et on en trouve aussi dans les gaz intestinaux humains.

2 Comment les activités humaines produisent-elles du méthane?

Selon l'étude de Global Carbon Project, 60% des émissions de méthane sont causées par l'activité humaine. L'agriculture est à l'origine de la majorité des émissions de ce gaz liées à l'activité humaine, avec 30% issus des troupeaux d'élevage (fermentation digestive et fumiers) et 8% pour la culture du riz.

L'extraction et l'utilisation des énergies fossiles est aussi responsable de ces émissions de méthane. L'exploitation du pétrole et du gaz représente 22% des émissions d'origine humaine et l'extraction du charbon 11%. Le gaz naturel s'échappe dans l'atmosphère par des fuites lors du transport, du traitement et de la distribution. L'exploitation du gaz de schiste produit beaucoup de méthane.


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La gestion des déchets solides et liquides compte pour 18% des émissions et les feux de biomasse et de biofuel 8%, le reste des émissions étant lié aux transports et à l'industrie. En fermentant, les déchets de l'activité humaine produisent du méthane dans les décharges. Ce biogaz peut être utilisé comme source d'énergie.

3 Quelles sont les parties du monde qui émettent le plus de méthane?

Les émissions de méthane augmentent dans toutes les régions du monde, à l'exception de l'Europe, révèle l'étude de Global Carbon Project. Régionalement, les régions tropicales sont les plus émettrices (64% du total, notamment en raison des nombreuses zones humides).

Les régions aux plus fortes émissions sont l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Asie du Sud Est et la Chine.

4 Comment diminuer les émissions de méthane produit par l'activité humaine?

L'effet de réchauffement du méthane est 28 fois plus important par kilogramme que celui du CO2 sur un horizon de 100 ans. Et ses concentrations dans l'atmosphère ont plus que doublé depuis le début de l'ère industrielle, jusqu'à représenter 23% du réchauffement climatique produit par les gaz à effet de serre. L'accord de Paris de 2015 prévoit de maintenir le réchauffement global "nettement en dessous de °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C". Pour tenir ce dernier objectif, les émissions de gaz à effet de serre devraient baisser de 7,6% annuellement, selon l'ONU. L'augmentation calculée par les chercheurs de Global Carbon Project (à partir des activités productrices constatées et des mesures atmosphériques) correspond à des scénarios climatologiques de fort réchauffement, entre +3°C et +4°C en 2100.

Global Methane Initiative livre une série de mesures à prendre afin de réduire les émissions mondiales de méthane, classées par source :

  • Installations pétrolières et gazières : limiter les fuites de gaz en modernisant les technologies et le matériel; améliorer la gestion de ces technologies modernisées.
  • Sites d'enfouissement des déchets et dépotoirs à ciel ouvert : installer un système de récupération du méthane afin de le rediriger vers des endroits où il sera brûlé ou valorisé afin de produire du chauffage ou de l'électricité.
  • Égouts et eaux usées : installer un digesteur de boues, un système de valorisation du biogaz (chauffage ou électricité) ou de traitement aérobie.
  • Mines de charbon : récupération du méthane contenu dans les galeries des mines afin de le valoriser (chauffage ou électricité).
  • Agriculture (gestion du fumier) : recueillir le méthane pour le valoriser (chauffage ou électricité), grâce à l'installation d'un digesteur. 
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