L'indisponibilité des réacteurs nucléaires a fait exploser les importations d'électricité en 2018

Les réacteurs de Tihange 2 and Doel 3
Les réacteurs de Tihange 2 and Doel 3 - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

L'arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires en Belgique l'année dernière a eu de sérieuses conséquences sur les importations d'électricité. À un point tel que la Belgique n'a jamais été aussi dépendante de l'étranger pour son électricité. Quasiment un quart de l'électricité en 2018 venait d'autres pays.

Voici le bilan qui émane des chiffres du gestionnaire du réseau Elia. En 2017, nous n'en étions qu'à 8% d'importation. Mais 2018 aura donc été l'année du record surtout vers la fin de l'année.

Le nucléaire représentait encore la moitié de la production totale d'électricité en 2017, mais cette part a fondu à 34%, soit 27,3 TWh, en 2018 bien qu'il représente toujours la première source d'approvisionnement. Ainsi le 28 décembre, la Belgique a importé 5234 megawatts soit quasi la capacité de tout le parc nucléaire belge.

Bien sûr, la paralysie de plusieurs réacteurs est la cause principale de ces achats mais pas seulement. Cependant, les prix sont moins élevés à l'étranger. Il est donc plus intéressant pour les fournisseurs d'aller voir ailleurs. 

La baisse de production génère l'importation

"La production nucléaire a atteint des niveaux historiquement bas en novembre (1 TWh, soit 15%) et décembre (1,1 TWh, soit 17%) lorsque seul Doel 3 fonctionnait", détaille Elia. La part des importations et des centrales au gaz a donc fortement augmenté. En novembre, 43% du mix énergétique provenait du gaz (2,9 TWh), soit le plus haut pourcentage jamais enregistré.

Dans ce bilan 2018 , nous pouvons aussi noter la production record des centrales au gaz remises au goût du jour. Sans oublier la part sans cesse croissante de l'énergie renouvelable. Sur l'année, la part du gaz est de 27%. L'import a lui atteint des sommets en septembre (33%) et en octobre (2,7 TWh). Sur l'année, 22% de l'électricité, soit 17,4 TWh, est venue de l'étranger. En 2017, 6,5 TWh (8%) avaient suffi.

L'année écoulée a été positive pour le solaire, qui a représenté 4% du mix (3,5 TWh), relève encore Elia. En y ajoutant l'éolien offshore et terrestre, la part du renouvelable a atteint 12% (9,8 TWh), contre 11% (9,3 TWh) l'année précédente.

 

Archives : Soir première 24/09/2018

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