L'indépendantisme en Europe, l'Ecosse, la Catalogne, mais pas seulement

En Catalogne, de plus en plus de gens se rallient à la cause de l'indépendance
En Catalogne, de plus en plus de gens se rallient à la cause de l'indépendance - © JOSEP LAGO - AFP

Il y a un an jour pour jour, tous les partis indépendantistes d'Europe avait les yeux rivés sur l'Ecosse. Le 18 septembre dernier, le "oui" s'opposait au "non", David Cameron à Alex Salmond, les indépendantistes à ceux qui ne voulaient pas quitter la Couronne. Ces derniers ont eu raison des premiers avec 55% des voix, mais l'indépendantisme n'a pas été enterré ce jour-là pour autant. 

A Glasgow, le Scottish National Party (SNP) qui prônait l'indépendance de l'Ecosse n'en démord pas. Une partie de leur programme pour les élections locales de 2016 prévoit même un volet dédié à un nouveau référendum. Le parti domine toujours la politique écossaise avec près de 56 des 59 sièges réservés à l'Ecosse à la chambre des communes. Il est d'ailleurs utile de rappeler l'expansion du SNP et son évolution depuis 1983.

Londres n'a pas attendu plus longtemps pour nuancer et rappeler qu'il était hors de question de proposer un second référendum, le premier ayant été d'après le Premier ministre David Cameron, massivement rejeté. Les élections locales l'an prochain donneront plus d'indices sur la tournure que prendra la situation. Avec une telle mainmise sur la politique nationale, il y a cependant fort à parier que le sujet est loin d'être clos.

En Catalogne, ce n'est pas plus calme 

Les Barçelonais commencent à être habitués à voir sous leurs fenêtres des milliers de personnes défiler. Le 27 septembre, les élections régionales, convoquées par le président catalan Artur Mas, risquent d'être décisives. Ce dernier a d'ailleurs promis à la population, majoritairement favorable selon les sondages, qu'en cas de victoire, l'indépendance de la région serait atteinte d'ici à 18 mois.

Il s'agit peut être pour de nombreux observateurs du cas le plus proche de la fracture. Des démarches ont même déjà été lancées. En juillet dernier c'est le modèle d'administration fiscale, qui entrerait en vigueur en cas d'indépendance, qui a été présenté. Peu après, le gouvernement catalan a donné son aval à un décret-loi pour la transformation d'un institut de crédit public. Ce dernier ne deviendrait autre que la banque centrale de Catalogne.

La région espagnole sait, comme les écossais il y a un an, que la date qui approche pourrait être historique. De son côté, l'Union européenne a prévenu que si la Catalogne devient indépendante, elle n'aura pas d'autre solution que la porte de sortie. Menace ou prévention, encore une fois il faudra attendre pour s'en rendre compte. 

Une lame de fond dans toute l'Europe

La Catalogne tente, par différents biais, de développer ses relations à l'étranger. Dans un premier temps dans le but d'avoir du soutien à l'international, mais également pour développer son réseau diplomatique. En Europe, les soutiens ne manquent d'ailleurs pas. Chez nous, la N-VA, qui porte dans son ADN le désir de séparation, a reçu le 15 septembre dernier, plusieurs députés catalans, dans l'éventualité où les élections pousseraient Madrid à négocier avec Barcelone.

La région espagnole, qui compte 7,5 millions d'habitants et qui produit un cinquième de la richesse du pays, peut aussi profiter du soutien de l'ALE, l'Alliance Libre Européenne, qui regroupe pas moins de 25 partis indépendantistes et régionalistes. Parmi eux, de petits partis comme le Bloc Nationaliste Galicien qui milite pour une séparation de la Galice, le Mebyon Kernow dans les Cornouailles entre autres, mais aussi...la N-VA et le SNP.

Certains partis apparaissent plusieurs fois, notamment entre l'Espagne et la France, ou l'Autriche et l'Italie, ces régions étant à cheval sur les deux pays. Par ailleurs certains ne sont pas officiellement reconnus par les gouvernements et n'apparaissent donc pas ici. Il est également nécessaire de minimiser l'impact de certains partis, qui ne sont qu'embryonnaires. A l'inverse, certains autres comme La Ligue du Nord en Italie, ou le Plaid Cymru ont une puissance qui n'est pas négligeable. 

A l'heure où l'Europe tente de trouver des solutions pour faire face à l'afflux de réfugiés, il ne fait aucun doute que le terreau est fertile pour le repli communautaire, mais également pour le régionalisme. C'est en effet une chose vers laquelle de plus en plus de personnes se tournent, se sentant délaissées par les politiques nationales. 

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