L'incendie de l'Innovation il y a 50 ans à Bruxelles: vos témoignages

Le lundi 22 mai 1967 à 13h27, une alarme retentit dans le grand magasin "A l'Innovation" situé rue Neuve dans le centre de Bruxelles. Cet incendie, qui s'est produit il y a juste 50 ans, a tué 251 personnes. Ce drame a marqué les mémoires de toute une génération. Des internautes ont tenu à faire part de leurs témoignages sur la page Facebook de RTBFInfo.

"Des cauchemars pendant plus d'un an"

Francis H. explique : "Tous ceux qui ont vécu ce drame savent où ils étaient ce jour-là. Aujourd'hui, quand je rentre à l'Inno, je pense chaque fois à cette terrible histoire. Les ruines de l'Innovation m'ont donné des cauchemars pendant plus d'un an".

L'incendie du magasin a laissé des traces dans les souvenirs de Josée H. : "Je l'ai vu brûler de mon bureau. J'y allais tous les jours sauf ce jour-là, c'était la Semaine américaine. Mon parrain faisait partie des pompiers qui étaient sur place. Le ciel de Bruxelles était noir de fumée et cela se voyait à des kilomètres. Triste journée, ce jour-là".

"J'avais 24 ans et je travaillais rue de l’Étuve dans la firme pharmaceutique "Christiaens". Alertés par des collègues, nous sommes montés sur le toit. J'ai vu les immenses flammes sortant du toit sans savoir exactement l'endroit. Ce n'est que le soir en écoutant la radio que j'ai pris conscience de l'horreur!!!!" raconte Maria L.

"Nous lui devons la vie! Je n'oublierai jamais!"

Quant à Daniel D., il témoigne: "Ayant été manger le midi avec mon père à l'appartement, j'y ai échappé car je souhaitais acheter un maillot 'Fieldcrest' (Semaine américaine). Je suis arrivé plus tard et ai vu le désastre: l'horreur pour un jeune de 17 ans que j'étais...".

Michèle M. raconte: "J'y étais avec ma maman. Nous avions déjeuné comme presque tous les jours au self-service. Après nous sommes allées au bureau de poste. C'est à ce moment-là que des cris et une sonnerie ont donné l'alerte. Une dame du personnel nous a guidé vers les escaliers de secours qui donnait dans la rue arrière. Cette pauvre dame est retournée sauver d'autres vies et a perdu la sienne en recherchant son mari qui travaillait au self-service. Nous lui devons la vie! Je n'oublierai jamais!".

Yvette G. se souvient: "A l'époque je travaillais au coin de la rue de la Banchisserie et de la rue du Damier. On était séparé de l'arrière de l'Inno d'environ 3 mètres et nous avons malheureusement assisté au drame de tout près. On a vu une personne se jeter du toit et qui est décédée, une autre qui a été sauvée de justesse. C'était un vrai désastre: non seulement l'odeur mais tous ces sacs bleus remplis de cendres que les sauveteurs emportaient. Inoubliable malheureusement. Nous avons évacué les bureaux, un petit crachin tombait, c'était l'horreur. Le lendemain pour aller travailler on a dû avoir des laissez-passer".  

"Nous étions sauvées, Dieu merci…"

Annie G. témoigne: "J'habitais boulevard du Midi et j'avais 13 ans et je me souviens qu'on allait chez le coiffeur près de la place Rouppe. Dans l'incendie est morte une femme et un enfant et puis on entendait les sirènes des ambulances. C'était terrible".

Louis-Philippe T. a été marqué, mais d'une manière différente: "J'avais 19 ans, nous ne nous rendions pas compte, les badauds et moi, de l'importance du sinistre ni du nombre de vies perdues Je me souviens d'avoir été fasciné par ce spectacle "grandiose" au point d'en éprouver un certain plaisir. Quelle honte j'ai éprouvée lorsque nous fumes informés du désastre en terme de vies perdues!".

Lou G. a échappée de peu au drame: "J'y étais avec Maman, au rayon layette. Maman avait un pressentiment et m'a obligée à descendre les escaliers sans me retourner. Nous étions sauvées, Dieu merci…"

Retrouvez les conversations et les témoignages au sujet de l'incendie de l'Innovation sur notre page Facebook : ici, ou ici, ou encore ici.

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