L'histoire des deux enfants tueurs désormais libres dans une Amérique en proie à la peur

Mitchell Johnson, 13 ans, et Andrew Golden, 11 ans, plus jeunes auteurs d'une tuerie de masse aux Etats-Unis en 1998.
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Mitchell Johnson, 13 ans, et Andrew Golden, 11 ans, plus jeunes auteurs d'une tuerie de masse aux Etats-Unis en 1998. - © Wikimedia

C'est l'histoire macabre de deux enfants tueurs, armés jusqu'aux dents, Andrew Golden et Mitchell Johnson, respectivement 11 et 13 ans au moment des faits sanglants.

En 1998, ces deux jeunes élèves d'une école de l'Arkansas ont ouvert le feu sur leurs condisciples et professeurs dans la paisible Jonesboro, une bourgade rurale au coeur de l'Amérique profonde. Un geste fou qui fera cinq morts, quatre fillettes et une enseignante, ainsi qu'une dizaine de blessés dans ces territoires où les églises fondamentalistes et les inconditionnels des armes à feu sont légions comme le relatent nos confrères de FranceInfo.

"Tous ceux que je n'aime pas vont mourir"

Une histoire qui débute comme tant d'autres, avec une convocation chez le conseiller d'orientation. En cause, l'intention d'Andrew Golden, ouvertement partagée, d'ouvrir le feu sur ses condisciples. Devant l'autorité scolaire, il raconte avoir fait un cauchemar où il tirait sur d'autres élèves mais il ajoute également avoir abandonné l'idée. L'affaire en reste là.   

Son compère, Mitchell Johnson, en colère après avoir été largué claironne à tout va: "Tous ceux qui me détestent, tous ceux que je n'aime pas vont mourir. Vous découvrirez demain si vous vivrez ou mourrez". Mais encore une fois, personne n'y prête vraiment attention, pensant qu'il s'agît là de paroles en l'air.

Armes volées et embuscade minutieusement préparée

Et pourtant, le lendemain matin, Mitchell et Golden volent discrètement les armes du grand-père de ce dernier. Quatre pistolets, trois fusils et un millier de munitions. Le plan est minutieusement préparé. Mitchell n'ira pas au cours, prétextant un mal de ventre. Il vole la voiture de sa mère, y cache l'arsenal et va se positionner dans le bois juste en face de la Westside Middle School l'établissement scolaire qu'il fréquente.   

Peu après la pause de midi, Golden prétexte un mal de ventre pour quitter le cours. Il déclenche l'alarme incendie et file rejoindre son complice à l'orée du bois. L'embuscade est tendue, il ne reste plus qu'à attendre. À peine les premiers élèves sortent-ils de l'établissement, les coups de feu résonnent.  Les auteurs de la fusillade sont interpellés par la police rapidement arrivée sur place alors qu'ils tentent de fuir à travers les bois.

Liberté compliquée

Trop jeunes pour être jugés comme des adultes Andrew Golden et Mitchell Johnson seront finalement condamnés au confinement dans un centre pour mineur jusqu'à l'âge de 21 ans. Depuis leur libération, les deux tireurs fous ont connu des fortunes diverses. Golden n'a plus fait parler de lui même s'il a tenté d'acheter une arme sous la nouvelle identité qui lui avait été délivrée, mais ses empreintes digitales l'ont trahi. Johnson, lui, n'a pas pris la peine de demander une autorisation aux autorités de l'Arkansas. Mal lui en a pris. En 2007, il est arrêté avec un pistolet 9mm et 21grammes de Marejuana, parallèlement il est accusé d'avoir utilisé une carte de crédit volée pour s'acheter un repas au Burger King. Des délits qui le mèneront à nouveau devant la justice, qui le condamnera à près de 20 ans de réclusion. Il bénéficiera finalement d'une remise de peine sous conditions et sera libéré en 2015.

Réparation millionnaire

Une histoire, celle de Golden et Johnson, qui resurgit en août 2017 sur le devant de la scène à la faveur d'un second procès, au civil cette fois. Mitchell Johnson et Andrew Golden se retrouvent cette fois condamnés à verser respectivement 20 et 10 millions de dollars à chaque famille des cinq victimes. Un procès qui a permis également de rendre publiques quatre auditions des jeunes criminels ainsi que les Procès verbaux de celles-ci. 

Mais plus que le montant astronomique de la réparation, impayable dans les faits, c'est la question de la remise en liberté de personnes potentiellement dangereuses qui s'invite dans les débats à un moment où les tueries de masse se sont succédé aux Etats-Unis. Notamment au Texas où le profil violent du tueur était connu.

>>Le récit complet et détaillé sur le site de nos confrères de FranceInfo.  

 

Les Procès verbaux des auditions successives des deux jeunes tueurs.

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