L'explosion des bars à ongles en ville cache un véritable esclavage

Depuis quelques mois, le phénomène des bars à ongles se développe dans la plupart de nos grandes villes: Bruxelles, Liege, Anvers, Charleroi. Les prix pratiqués dans ces bars à ongles sont tous identiques. Les femmes qui y travaillent sont généralement asiatiques et elles sont exploitées sans droit.

Dans une galerie du centre de Bruxelles, il n’y a pratiquement plus de commerces traditionnels. La plupart des clientes des bars à ongles sont des adolescentes. Une jeune fille témoigne: "Il n'y a pas de rendez-vous à prendre. Du coup, c'est très pratique pour nous. En tant que jeune fille, c'est important de garder ses mains et ses ongles propres."  

Si les clients témoignent volontiers, impossible d'approcher le personnel, des femmes et quelques hommes, avec une caméra ou un micro. Depuis peu, des associations se mobilisent pour les aider en les incitant à se placer sous le statut légal de victime de trafic d’êtres humains. 

Travail illégal souvent synonyme de séjour illégal

Pour Catherine Lambert magistrate  à l’auditorat du travail, rien de surprenant: " Il y a pas mal de travail non déclaré et même des personnes en séjour illégal. C'est l'une des raisons pour lesquelles ces personnes ne se plaignent pas facilement. On leur met la pression en leur faisant peur et en les menaçant de les renvoyer dans leur pays d'origine si elles vont porter plainte.
Pour contrôler ces commerces installés dans des galeries avec parfois trois, quatre accès il faut mobiliser de nombreux inspecteurs accompagnés de policiers. 

Conséquence faute de moyens humains, en deux ans, il n’y a eu que deux contrôles d’envergure. Trop peu pour inciter les employeurs à  respecter les lois du travail.

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