L'Observatoire des religions et de la laïcité de l'ULB présente son premier rapport sur l'état de la religion et de la laïcité en Belgique. Ce rapport porte sur l'année 2012. Il rappelle tous les évènements liés aux religions de cette année-là : de la nomination d'André-Joseph Léonard comme archevêque de Malines-Bruxelles, en passant par les suites de l'opération Calice. Mais il souligne aussi un phénomène dont on parle moins : celui de l'expansion des Eglises évangéliques.
Le rapport qualifie le courant évangélique comme le plus expansif des courants religieux. Jean-Philippe Schreiber, professeur à l'ULB, l'un des auteurs du document, explique que "nombre de ces fidèles, qui sont d'origine subsaharienne, entendent opérer une mission en retour pour ré-évangéliser les populations européennes, celles-là même qui avaient évangélisé autrefois l'Afrique et qui aujourd'hui sont considérées comme s'éloignant de la religion".
Les Eglises évangéliques sont surtout portées par les migrants d'origine africaine et latino-américaine : "Elles leur apportent une aide matérielle, elles les aident à trouver des solutions aux problèmes du quotidien. Et en ce sens elles sont les seuls lieux de sociabilité pour ces migrants qui ont une vie extrêmement difficile" poursuit Jean-Philippe Schreiber.
Mais l'esprit missionnaire de ces Eglises les pousse à s'étendre bien au-delà des migrants. Dans une société en crise, elles trouvent un écho auprès d'un public fragilisé. "Il y a actuellement à Bruxelles 240 lieux de culte de tendance néo-pentecôtiste qui ont été établis" indique encore Jean-Philippe Schreiber. Chaque année, une dizaine de nouveaux lieux de cultes voient le jour à Bruxelles.
Daphné Van Ossel