L'examen d'entrée, "une bonne chose pour l'ABSYM": "Il n'y a pas de pénurie de médecins"

L'examen d'entrée est une injustice sociale? "qu’est-ce qu’on attend pour faire une année préparatoire ?"
L'examen d'entrée est une injustice sociale? "qu’est-ce qu’on attend pour faire une année préparatoire ?" - © Tous droits réservés

Le rêve de la blouse blanche passe désormais par une sélection. Les futurs étudiants en médecine devront réussir un examen d’entrée avant d’entamer leurs études. C’est une nouveauté de cette rentrée, et Jacques de Toeuf, vice-président de l’ABSYM, l’Association belge des syndicats médicaux, trouve que c'est une bonne idée: 

"Aujourd’hui le niveau d’échec en première année est gigantesque, avec comme résultat non seulement qu’il y a 70% des étudiants qui s’arrêtent parce qu’ils n’ont pas réussi les épreuves pour passer de première en deuxième année, mais aussi le coût psychologique d’image de soi payé pour ça. C’est un échec qui est vécu non pas comme le moyen de rebondir, mais comme un échec. Ce n’est pas bon".

Quand il n’y a pas d’examen, c’est l’hécatombe en fin de première année

"La Belgique n’a pas, comme d’autres pays, des filières de secondaire qui préparent à des études scientifiques. Le secondaire vous donne une formation générale puis on vous dit que vous pouvez y aller. Le problème de toutes les classes qui sortent du secondaire est de dire " j’ai une envie, un rêve, une vocation, donc je dois pouvoir l’assouvir quoi qu’il arrive ". Quand il n’y a pas d’examen, c’est l’hécatombe en fin de première année."

D'autant que contrairement à ce qu'avanceraient certaines études, il n'y a pour Jacques de Toeuf pas de pénurie actuellement: "Pour les 10 ans à venir, puisqu’on annonce la grande catastrophe de la communauté française, où 45 % des médecins auront franchi l’âge de 65 ans, il faut savoir qu’il y a aujourd’hui dans le cursus de la formation aux études de médecine et dans le cursus des 3 années de formation de médecin généraliste plus de gens qui seront sur le marché que des gens qui vont sortir. Donc on n’est pas du tout dans une configuration de pénurie. Ce qui existe, ce sont des zones du pays qui peuvent être importantes où il n’y a pas assez de généralistes installés qui travaillent à plein temps."

Une pénurie limitée à certaines spécialités et certains lieux

Pour le spécialiste, les problèmes sont un peu différents, admet le vice-président de l’ABSYM: "Il y a des spécialités qui posent problème en Belgique depuis longtemps, l’ophtalmologie, l’urgentiste, la pédopsychiatrie. Il y a un souci pour certaines spécialités et il y a un souci dans certains endroits, parce que tout le monde veut aller au même endroit. Si vous voulez aller voir à tout prix un dermatologue dans un hôpital, vous allez attendre longtemps. Si vous allez voir un dermatologue de ville, ça ira beaucoup plus vite".

Et le médecin de conclure par une suggestion: "Si on veut donner une chance à des gens qui ont les capacités, mais qui n’ont pas les connaissances pour rentrer dans le système, qu’est-ce qu’on attend pour faire une année préparatoire ?"

Près de 5000 candidats pour l'examen d'entrée en médecine: comment en est-on arrivé là?

Ce vendredi, c'est le grand jour. Près de 5000 candidats sont attendus au Heysel à Bruxelles pour passer l'examen d'entrée qui leur permettra d'accéder aux études de médecine et de dentisterie dans les universités francophones du pays. Comment en est-on arrivé là ? Quelles ont été les grandes étapes de cette saga ?

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