L'ex-avocat d'Abdeslam: "Je m'attendais à voir un monstre et ce n'était pas du tout ça"

Salah Abdeslam comparaîtra la semaine prochaine devant la justice. Le seul terroriste survivant des attentats de Paris sera jugé, dans un premier temps à Bruxelles, pour son rôle dans la fusillade de la rue du Dries à Forest.

Selon son premier avocat, en 2016 Salah Abdeslam se montrait coopératif : "Je m'attendais à voir un monstre, et ce n'était pas du tout ça".

C’est par hasard que cet avocat s’est retrouvé à défendre Salah Abdeslam : le 19 mars 2016, au lendemain de son arrestation à Molenbeek, Alexandre Kasongo Mukendi était de permanence comme avocat commis d’office. "J'ai reçu un coup de fil de la permanence, me demandant si je pouvais assister un suspect majeur qui venait d'être arrêté à Bruxelles. J'ai accepté sans savoir qui c'était".

"Il était gentil"

Ce suspect majeur était Salah Abdeslam. Arrêté dans sa tentative de fuite par un tir de la police, il est blessé au genou. C'est dans les locaux de la Police fédérale qu’a lieu la première rencontre. "J'étais étonné. Je me suis présenté à lui. Il était gentil, il a accepté. La première des choses c'était de confirmer ma mission, s'il était d'accord que je puisse l'assister. Il m'a dit qu'il était tout à fait d'accord de me prendre comme avocat", se souvient Alexandre Kasongo Mukendi.

Quelques jours plus tard, Me Kasongo passera le relais. Et avec ses nouveaux avocats, Salah Abdeslam semble s’être muré dans le silence. Mais son premier défenseur se souvient d’un homme coopératif : "C'était un garçon poli, respectueux. On parlait très bien avec lui".

A-t-il reconnu sa responsabilité dans les attentats de Paris? A-t-il exprimé des remords à ce moment-là? Tenu par le secret professionnel, l’avocat n’en dira rien. Mais il décrit un jeune homme lucide: "Il savait que cela devait prendre du temps. Il était préparé psychologiquement à affronter. Il a collaboré, il m'a parlé. On a parlé normalement".

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