L'ex-animateur Michel Lemaire raconte l'Opération 48.81.00, ancêtre de Cap 48

L'opération Cap 48 existe depuis 60 ans. En septembre 1957, elle s'appelait 48.81.00, le numéro de téléphone que les auditeurs devaient appeler pour participer. L'ancien animateur de la RTBF Michel Lemaire raconte comment il en est venu à s'occuper de cette grande opération de solidarité : "Je connais '48' depuis 1957, d'abord comme auditeur et puis comme participant quand j'étais à la radio, quand j'ai démarré en 1961. J'ai été correspondant de Jean-Claude Menessier au studio de Mons à l'époque. Et puis en 1965, c'était à Tournai sur la Grand-Place. On faisait déjà des animations, on faisait tout ce qu'il fallait pour qu'il y ait de l'ambiance, pour qu'on vende beaucoup de ces produits, de ces vignettes, de ces savons, de tout ce qu'on vendait à l'époque. Et puis Jean-Claude, malheureusement, nous a quittés en 1967 et la succession a été difficile parce que Jean-Claude était, pour nous tous, un maître. C'était un grand monsieur de la radio et on lui doit, entre autres, 48.81.00. On lui rend un hommage pour cela évidemment".

Jean-Claude Menessier était une grande voix de la radio à l'époque.

"Lorsque Jean-Claude est parti, j'ai eu la chance qu'on fasse appel à moi pour présenter à sa place les Jeux sans frontières et un jeu qui passait tous les vendredis soir après le journal télévisé, qui s'appelait 'Rien ne va plus'. Et c'est là que George Konen a trouvé que j'avais le profil qui convenait pour participer à ce genre d'action. Et je suis rentré dans l'équipe en mars 1971 pour la première opération qui a eu lieu donc, en ce qui me concerne, les 24 et 25 avril, c'était au printemps. C'était une grande première pour moi, une grande expérience, et je dois dire que j'étais très heureux de la vivre. J'ai été un peu paniqué au début parce que ce n'est pas rien que de succéder à Jean-Claude Menessier et d'entreprendre une action de telle envergure, mais avec évidemment un gars comme Georges Konen et avec Paule Herreman à mes côtés, tout cela était parfait. J'ai continué comme ça pendant une quinzaine d'années".

Est-ce qu'il y a une édition, une rencontre peut-être, qui vous a particulièrement marqué durant ces années ?

"Pas spécialement, parce que chaque opération était une joie, c'est-à-dire que comme nous étions tous bénévoles à l'époque, la RTBF nous détachait pendant quelques semaines, voire un mois ou 2 pour l'opération 48, et chaque fois on se retrouvait en équipe, tous ces bénévoles de tous les coins du pays, de Verviers à Tournai au Luxembourg ou Bruxelles. Cette équipe se ressoudait et on travaillait ensemble, on se voyait régulièrement, presque tous les jours. Il y avait une atmosphère vraiment de franche amitié et on était tous lancés sur le même bateau pour une action très positive évidemment".

Est-ce que l'opération était soutenue à tous les étages de l'entreprise, comme aujourd'hui ?

"Non, malheureusement. C'est un peu pour ça que moi j'ai démissionné en 1984-1985 parce que c'était très difficile. Or, nous avions le soutien évidemment à l'époque de Monsieur Jean Hallet, qui a quand même joué un grand rôle dans Cap 48, ou dans 48.81.00, comme beaucoup d'autres. Quand l'émission commençait et qu'il fallait aller frapper à la porte de toutes les émissions de radio, ce n'était pas évident du tout".

Est-ce que vous avez vu, au fil des années, les mentalités changer, les regards évoluer envers les personnes handicapées ?

"Certainement, oui. Je pense qu'au début les handicapés étaient des gens qu'on cachait plus ou moins, on n'osait pas les montrer. Maintenant, je crois qu'ils ont une place dans la société, on les voit un peu partout et ça nous paraît tout à fait normal. Et je crois que là, 48.81.00 a joué un très grand rôle et continue à le faire d'ailleurs".

Plus de 5,5 millions d'euros ont été récoltés en 2016. Vous souvenez-vous, Michel Lemaire, combien on récoltait à votre époque ?

"C'était chaque année un peu plus. Je me rappelle toujours que le samedi soir, quand on avait les premiers résultats, c'était un peu la panique pour savoir si le dimanche on allait quand même battre les records. Et Georges Konen, qui était un gars plein d'allant disait 'allez courage, les gens volent au secours de la victoire, il ne faut pas être défaitiste'. Ça marchait. D'année en année, cela a progressé. Je me souviens que lors de la dernière opération que j'ai animée, nous étions arrivés à plus de 120 millions de francs belges. Ça devait être en 1983-1984, donc c'était déjà une très belle somme. On était parti d'à peu près 90 millions, donc 30 millions en 10 ans. Cela avait quand même bien évolué."

Retour sur l'historique de l'Opération 48.81.00 sur le site de la Sonuma

Tout savoir sur l'opération Cap 48

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