L'Etat belge assigné en justice pour la surpopulation dans les prisons

L'Etat belge, assigné en justice pour la surpopulation dans les prisons
L'Etat belge, assigné en justice pour la surpopulation dans les prisons - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L'Ordre des barreaux francophones et germanophone vont déposer trois actions aujourd'hui. Ils réclament un plan pour enrayer la surpopulation. En moyenne, les prisons accueillent 20% de détenus en plus que leur capacité. Les prisons principalement visées sont celles de Mons, de Lantin et de Forest à Bruxelles, une prison, devenue réellement trop étroite.

A la prison de Forest, par exemple, les détenus dorment parfois à même le sol. Denis Bosquet est avocat et préside la commission de surveillance de la prison. Il visite régulièrement les détenus, dans leurs cellules : "Dans les cellules prévues pour deux personnes, on met trois personnes, avec un espace limité : des matelas par terre plutôt que des sommiers sur des lits, je dirais entre guillemets, normaux".

Les cellules, mais aussi le préau, les parloirs sont bondés. La prison construite il y a plus d'un siècle déborde de ces détenus : "Entre 550 et 575 pour, en principe, 400 places. Ces chiffres sont un peu faussés dans la mesure où une des ailes de la prison est en train d’être fermée, évacuée, pour des problèmes d’insalubrité".

Parce que la prison de Forest, déjà pleine à craquer, rétrécit : "Il y a toute une série de cellules qui sont fermées, tout simplement parce qu’elles sont inutilisables".

Patrick Henry est le Président d’ "avocats.be", plate-forme qui regroupe les avocats des barreaux francophones et germanophone et qui intente cette action en justice. "Nous assignons l’Etat belge devant le Tribunal de Bruxelles en demandant qu’il soit condamné à mettre en œuvre dans un délai de six mois un plan qui permettrait de diminuer la surpopulation dans les prisons", explique-t-il. Et il donne un exemple: "Il y a quelques mois, des riverains de Bruxelles ont introduit des actions pour demander qu’on modifie les plans de survol de la ville de Bruxelles. C’était exactement le même type d’action assignée devant le Tribunal pour contraindre le Gouvernement à modifier ses plans, sous peine d’une sanction financière".

Mais ne pourrait-on pas élargir les murs prévus? Pour avocats.be, ce n'est pas la solution. "Ce que nous demandons, c’est au contraire qu’on diminue le nombre de détenus. Nous avons actuellement une surpopulation d’à peu près 20 %, d’après nos chiffres, dans les prisons. Il faut prendre des mesures pour qu’il y ait moins de détenus, moins de détenus en détention préventive et moins de condamnés, particulièrement pour les petites peines", explique Patrick Henry.

D'après Denis Bosquet, il y aurait entre 20 et 30 cellules bloquées en fonction des moments. Et ce n'est pas tout : "Une partie du mess, par exemple, qui est tout simplement interdite parce que le sol se dérobe. Le sol se dérobe parce que des rats sont en train de construire des galeries en-dessous, etc, etc. Les exemples sont malheureusement extrêmement nombreux".

Insalubrité et surpopulation. A la prison de Forest, les deux phénomènes se nourrissent l'un de l'autre.

 

H. Maquet

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